Grecs de Tunisie : Mayaritsa, agneau et œufs de Pâques

L’agneau pascal est un symbole dans les religions juive et chrétienne.

La communauté grecque de Tunisie a une longue histoire et un enracinement remarquable à Tunis, Sfax et Djerba où existent encore des églises grecques-orthodoxes.

Si l’église de Sfax attend encore des travaux de rénovation, celles de Tunis et de Houmt Esssouk devraient accueillir ce soir les messes pascales en présence de tous les membres de cette communauté grecque ainsi que d’orthodoxes de plusieurs nationalités.

De même, l’église russe-orthodoxe sera ce soir au cœur d’une célébration pascale qui devrait réunir de nombreux fidèles.

En Tunisie, la communauté grecque fête Pâques avec un faste particulier. Outre la messe nocturne en l’église Saint-Georges, il est plusieurs traditions persistantes dans cette communauté, comme celle de jeûner durant la journée du samedi saint et de ne rompre ce jeûne rituel qu’après la messe durant laquelle est annoncée la résurrection du Christ.

Cette messe de minuit est organisée à des heures différentes qui, toutes, se référent à l’heure d’Athènes, épicentre de l’orthodoxie. Ainsi, à Tunis, la messe pascale est célébrée à 22 heures car nous avons deux heures de décalage avec Athènes.

Après la messe tardive, au cours de laquelle les popes prononcent les rituels « Christos Anesti » (Le Christ est ressuscité) pour annoncer la résurrection, les familles se retrouvent pour un dîner frugal, une rupture du jeûne avec un plat rituel nommé « mayaritsa ». Il s’agit d’une soupe aux abats qu’on enrichit de poulet et de riz.

Avec la mayaritsa, il est aussi de tradition de déguster des tresses de Pâcques qui prennent la forme de pain brioché sur lequel sont posés des oeufs peints en rouge.
Ces oeufs sont ensuite entrechoqués pour être brisés en prononçant la phrase rituelle qui annonce la résurrection du Christ.

Par ailleurs, on goûtera des côtelettes d’agneau en attendant de sacrifier le lendemain au rite de l’agneau pascal qui est préparé au four ou à la broche et qu’on consomme au sortir de la messe, avec un grand renfort de mézze et de petits plats traditionnels. En outre, des pâtisseries, notamment la baklawa, sont à l’honneur pour cette journée pascale.

De nombreuses familles grecques de Tunisie préservent ces coutumes et s’apprêtent à s’investir dans la plus importante des célébrations de l’orthodoxie chrétienne. Nous leur souhaitons bonne fête et célébrons avec eux l’essentielle diversité tunisienne.

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