Le nombre de terroristes tunisiens dans les zones de conflits est-il gonflé...

Le nombre de terroristes tunisiens dans les zones de conflits est-il gonflé ?

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En 2015, l’ONU rapportait que le nombre de combattants étrangers en Syrie et en Irak ayant rejoint les rangs de l’organisation de l’Etat islamique (EI) s’élevait à 25.000 personnes. Selon le rapport des Nations unies, la Tunisie figure en « bonne place » avec la France, la Russie, l’Arabie Saoudite, le Maroc et la Jordanie.

Rafik Chelli, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, en charge de la sûreté, avait révélé, à cette époque, que le nombre de Tunisiens ayant rejoint les groupes terroristes en Syrie et en Irak se situait entre 2800 et 3000 personnes.

2929 terroristes tunisiens dans les zones de conflits

Un chiffre maintes fois évoqué et plus récemment, signalé par le ministre de l’Intérieur Hédi Majdoub, ce dernier ayant précisé en janvier dernier que 2929 terroristes tunisiens se trouvent dans les zones de conflit et que son ministère possède une liste nominative de ces 2929 terroristes. Dans cette liste, figureraient par ailleurs, 300 terroristes classés dangereux.

Des experts des Nations Unies ont d’ailleurs évoqué, par le passé, le cas des réseaux complexes de recrutement et de voyage qui ont enrôlé des milliers de Tunisiens, hommes et femmes pour participer aux combats en Syrie et en Irak.

Selon l’experte des droits de l’homme, Mme Elzbieta Karska, « le nombre de combattants étrangers tunisiens est l’un des plus élevés parmi ceux qui voyagent pour rejoindre les conflits à l’étranger tels qu’en Syrie et en Irak », précisant qu’environ 4000 Tunisiens ont rejoint la Syrie depuis 2011 et qu’entre 1000 et 1500 sont en Libye. Il existe également 200 Tunisiens en Irak, 60 au Mali et 50 au Yémen, ajoutant qu’il y a 625 Tunisiens qui sont rentrés d’Irak et qui sont poursuivis en justice.

Jhinaoui tempère

Aujourd’hui, c’est au tour du ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, d’évoquer le cas des terroristes tunisiens dans les zones de conflits. Selon lui, parler de milliers de tunisiens armés dans ces zones de conflit est exagéré, et qu’aucune partie ne possède des chiffres exacts à ce sujet, même les Nations Unies.

Avant lui, le président de la République lui-même, avait mis un bémol à ces chiffres. « La Tunisie n’a jamais été un pays exportateur de terroristes« , a-t-il déclaré en janvier dernier, faisant allusion aux informations relayées par certains médias occidentaux qui qualifient la Tunisie de « vivier du terrorisme mondial ».

Or, à l’heure où les touristes refont surface en Tunisie, ne serait-il pas plus pertinent de réactualiser les chiffres de l’ONU ou ceux de Rafik Chelli ? La Tunisie y gagnerait beaucoup au change.

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