Les plus anciens sites amazighs de Tunisie : Ksar el Khirba au coeur du pays berbère

Photo d'illustration
Photo d’illustration

C’est autour de Beni Khedache, dans le sud-est tunisien que se trouvent quelques uns des plus anciens sites amazighs de Tunisie.

Peu connus, rarement visités, certains d’entre eux sont dans un état de délabrement avancé et, parfois, ne subsistent d’eux que quelques traces.

L’état de ces sites souligne combien nous sommes touchés par l’amnésie lorsqu’il s’agit du passé amazigh et de la protection de ce patrimoine essentiel de la tunisianité.

Alors que l’ensemble du patrimoine punique ou romain est recensé, cartographié et protégé, ce n’est pas le cas de cette mémoire à l’abandon qui interpelle notre pleine conscience de l’histoire de la Tunisie.

Nous reviendrons sur cette thématique du devoir d’élargissement de la protection du patrimoine en Tunisie à ce qui demeure présent dans le sud et nous rappelle l’une des multiples branches de nos racines communes.

Contentons-nous pour le moment d’évoquer quelques « khirbas » amazighs qui se trouvent aux alentours de Beni Khedache et comptent parmi les plus anciennes de Tunisie.

Commençons par Khirbet Smoumnia au sommet d’un piton, non loin de Ksar Kherachfa. On trouve encore des pressoirs dans ce site, l’un des plus anciens de notre histoire amazigh.

Citons également Khirbet Mzenzen qui domine Beni Khedache au nord-ouest et préserve aussi la présence de pressoirs. De plus, des grottes donnent à ce site une tonalité particulière.

Evoquons maintenant Khirbet Zemmour qui, presque totalement en ruines, se trouve au sommet d’un piton avec ses troglodytes et pressoirs.

Enfin, Ksar el Khirba se trouve au pied de la montagne de Beni Khedache. Situé sur les ruines d’un grand village troglodytique, ce ksar constitue le symbole des Hawaya, l’une des tribus amazigh de la région. L’ancêtre des Hawaya, Amor Khzour aurait vécu en ces lieux de haute mémoire.

Ksours, kalaas et khirbas se comptent par centaines dans toute cette région mais sont peu protégés et se détériorent rapidement.

De plus, un système complexe de co-propriété rend parfois impossible leur prise en charge par des instances publiques.

Commentaires: