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Attentat de Sousse : La police tunisienne a mis 23 minutes pour arriver à l’Imperial Marhaba

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Seifeddine Rezgui - EPA - Mail online
Seifeddine Rezgui a été abattu après le carnage – EPA – Mail online

L’enquête sur l’attentat de Sousse et les auditions qui se tiennent actuellement devant la Cour suprême de Londres ont donné lieu à un constat établi dans le rapport britannique  qui reconstitue chronologiquement les différentes étapes de l’attaque, et détermine les responsabilités.

Selon ce rapport britannique les unités sécuritaires ont pour principal tord, un retard « injustifiable » le jour de l’attentat dû à une « simple lâcheté ». L’enquête indique que des vies auraient pu être sauvées si les policiers tunisiens étaient arrivés sur les lieux plus tôt.

Certaines unités ont eu environ 30 minutes de retard avant d’arriver sur les lieux, selon le rapport d’une enquête tunisienne lue à la cour.

La « lâcheté » de la police, Chelly réfute

Or, l’ancien secrétaire d’État aux Affaires sécuritaires, Rafik Chelly, affirme le contraire, réfutant ainsi les rapports établis autour de l’attentat de Sousse. Selon lui, le temps de réaction des unités sécuritaires a été un peu long mais il a catégoriquement nié l’hypothèse du relâchement intentionnel.

Dans une déclaration accordée à Shems FM, Rafik Chelly a précisé que les unités sécuritaires ont mis 23 minutes pour arriver sur le lieu de l’attentat et que le premier arrivé était le chef du district de Hammam Sousse.

Tout en admettant le retard, le manque de réactivité de la police, la perte de temps pour s’armer convenablement, ce qui est, au passage, inadmissible, Chelly précise que toute hypothèse de relâchement intentionnel et volontaire n’est pas plausible et que le terroriste a profité d’une faille sécuritaire.

Les médias britanniques s’acharnent

Quasiment tous les médias britanniques parlent de « lâcheté » de la police tunisienne. Toujours selon ces médias, il y a des caméras qui «montrent que la patrouille de sécurité touristique et la patrouille à vélo ralentissaient délibérément et n’intervenaient pas pour arrêter l’attaque terroriste à cette époque».

La patrouille a commis un « infraction considérée comme une grave erreur et son retard était délibéré et injustifiable», indique le rapport.

Le chef de l’arrondissement de la sûreté nationale de Sousse-Nord, dont le rôle était de coordonner les différentes unités sécuritaires, a été évoqué dans le rapport du juge Akremi.

Le responsable sécuritaire a déclaré que le refus d’intervenir pour mettre fin à l’attaque était « dû à une simple lâcheté, lorsqu’ils auraient pu empêcher la perte de vies ».

 

Chamseddine Sandi : Véritable tête pensante de l’attentat de Sousse

Une enquête réalisée par l’émission « Panorama », diffusée sur la chaîne britannique BBC révèle que ce n’est pas Seifeddine Rezgui qui avait le plus grand rôle dans l’attaque de Sousse, mais plutôt Chamseddine Sandi, décrit comme la tête pensante de l’attentat.

Les documents dont la BBC parle montrent que Rezgui, tué lors de l’attaque de Sousse, a été recruté et dirigé par Sandi.

Lors des interrogatoires, des suspects ont déclaré que Sandi avait recruté une cellule terroriste responsable des fusillades de Sousse et de l’attaque terroriste antérieure au Musée national du Bardo, au cours de laquelle 22 personnes sont mortes. Sandi aurait payé pour les suspects d’aller en Libye pour leur formation et leur a donné des ordres.

Retard des ambulances

Lors de l’enquête, il a été indiqué le mois dernier qu’aucune personne formée sur le plan médical n’était sur les lieux. Carol Harrison, une infirmière d’Aberdeen qui était en vacances à Sousse a indiqué que malgré les demandes faites au chauffeur afin de conduire rapidement un blessé à l’hôpital, il lui a fallu 15 à 20 minutes avant de quitter l’hôtel.

M. McQuire est mort à l’arrière de l’ambulance sur le chemin de l’hôpital suite à un arrêt cardiaque.

Carol a ajouté à la Cour de Londres qu’il n’y avait qu’un médecin et l’équipe d’ambulance. Elle n’a pas vu de personnel médicalement formé et qu’il n’y avait pas de matériel de secourisme.

Les restrictions de voyage persistent

L’avis du Foreign Office (FCO) quant aux voyages vers la Tunisie semble inchangé. Le FCO déconseille toujours aux ressortissants britanniques de se rendre en Tunisie.

En dépit de cela, plusieurs agences de voyages et sites de réservations continuent de proposer des chambres dans des hôtels cinq étoiles en Tunisie à des prix considérés trop bas (11 livres britanniques la nuit, soit près de 30 dinars). Des médias britanniques, dont The Sun, ont dénoncé cet acte, estimant que la destination n’est pas encore sûre.

Selon eux, ces agences ne devraient pas proposer des prix bon marché pour des hôtels à Sousse par exemple, où 30 ressortissants britanniques ont trouvé la mort.

Mais les prix semblent attirer quand même la foule britannique. The Sun indique que 23.428 britanniques ont visité la Tunisie en 2016, et ils continuent d’affluer.

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