Une Syrienne raconte son calvaire avec un terroriste tunisien

Photo d'illustration (REUTERS)
Photo d’illustration (REUTERS)

Elle ne savait d’où il venait, ne connaissait pas son véritable nom… Elle le connaissait seulement sous le nom d’Abou Moussa Al-Tounsi, un djihadiste tunisien dans les rangs de l’organisation terroriste Daech qui l’a épousée contre la somme de 14.000 dollars.

La jeune syrienne, âgée de 18 ans, a indiqué à Syria Direct qu’elle s’était mariée en avril 2014. Sa famille, très pauvre, avait accepté la proposition du Tunisien. « Mes yeux étaient aveuglés par l’argent et les cadeaux qu’Abu Mousa m’a apportés, et j’étais trop jeune pour comprendre les conséquences de tout cela.. Nous nous sommes donc mariés au tribunal de la « charia islamique » dirigé par Daech, avec deux djihadistes comme témoins ».

Elle a ajouté n’avoir jamais su le vrai nom de son mari, et que ce dernier a caché toutes les informations qui le concernaient. Elle était mariée à un parfait inconnu, terroriste, et ne savait rien de lui sauf qu’il était tunisien âgé de 28 ans.

« Parfois, j’essayais de lui demander son vrai nom ou ce qu’il faisait dans sa vie avant qu’il ne vienne en Syrie, mais il me menaçait, en me disant d’arrêter de lui poser des questions, ‘parce que mon devoir était uniquement de lui obéir’. Le mariage a duré un an et demi et j’ai donné naissance à une fille. En 2016, l’un des amis de mon mari a informé mon père qu’Abou Moussa a trouvé la mort lors d’une bataille avec les forces de l’armée syrienne. »

Seule, avec un nourrisson à élever et aucune source de financement, Imen s’est retrouvée alors au pied du mur. Sans le nom de son mari ni un certificat de naissance officiel, c’est comme si elle était mariée à un fantôme, sa fille n’existait pas.

« Personnellement, je souffre beaucoup, surtout maintenant que je m’occupe d’une petite fille qui n’a ni certificat de naissance ni identification. Quand elle grandira, qui va l’accepter à l’école sans papiers ?

Quand je vais à l’hôpital, ils demandent à voir ses papiers d’identité. La même chose se produit quand je vais aux organismes d’aide. Je vis une vie très misérable. Je ne peux même pas partir parce que je n’ai pas de passeport ou de papiers pour ma fille.

Je ne pouvais pas inscrire mon mariage parce qu’il a été validé par le groupe terroriste Daech, et les témoins ont tous utilisé de faux noms. Je ne sais même pas s’ils sont vivants ou morts. Se marier à un membre de Daech m’a mis dans une position de honte à moi et à ma fille », a-t-elle conclu.

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