Tunisie – Algérie : Le 8 février 1958, le sang des frères s’est mélangé à Sakiet Sidi Youssef

Crédit photo: Agence Tunis Afrique Presse
Crédit photo: Agence Tunis Afrique Presse

Il y 59 ans, Sakiet Sidi Youssef, un petit village Tunisien à la frontière avec l’Algérie, avait été bombardé d’une brutalité inouïe par l’aviation française faisant 75 morts et 148 blessés Tunisiens et Algériens.

Qui aurait cru que cet incident local provoquerait la chute du gouvernement français et apporterait les Américains et les Anglais à Tunis pour préparer le scénario de l’indépendance de l’Algérie ?!

L’habileté politique de Bourguiba

On ne peut pas évoquer cet épisode de l’histoire sans mettre à l’actif de Bourguiba le rôle qu’il avait joué dans l’internationalisation du conflit Franco-Algérien à travers le bombardement de Sakiet Sidi Youssef.

Aussitôt que le drame s’était produit, Bourguiba expulsa cinq consuls Français, organisa un blocus des casernes françaises encore maintenues en Tunisie et laissa la porte grand-ouverte à la presse internationale pour visiter le village meurtri.

Il déposa également une plainte auprès de l’ONU donnant lieu à une mission de bons offices anglo-américaine ayant pour but le règlement de ce qu’on appelait alors le contentieux Franco-Tunisien.

Cependant, ce contentieux Franco-Tunisien n’était qu’un problème de façade pour les médiateurs Américains qui cherchaient surtout à amener les Français à négocier l’indépendance de l’Algérie avec les leaders du Front de Libération Nationale (FLN).

La fraternité Tuniso-Algérienne

Les leaders de l’FLN étaient, à cette époque, encore installés à Tunis, où ils animaient, avec le soutien des autorités Tunisiennes, le transit d’armes nécessaires à la guerre de libération sans arrêt depuis 1954.

Aussitôt arrivées de Libye, les armes étaient d’habitude débarquées dans les ports tunisiens pour finir dans les mains des Fellaga en Algérie.

Durant cette guerre, l’FLN faisait entendre sa voix à travers la radio tunisienne trois fois par semaine dans la fameuse émission  » Ici la voix de l’Algérie combattante « .

Et aussitôt que les troupes Françaises avaient évacué la zone frontalière, la Tunisie à peine indépendante avait servi de matrice incubatrice pour la formation de camps d’entraînement des Fellaga Algériens.

Le symbolisme de Sakiet Sidi Youssef

Le bombardement de ce petit village frontalier cherchait en réalité à stopper le soutien des Tunisiens à leurs frères Algériens dans leur guerre de libération nationale.

Mais lorsque le sang des frères s’est mélangé à Sekiet Sidi Youssef, le village est devenu le symbole de l’unité des deux peuples. Ils n’en sont devenus que plus forts et reconnaissants l’un envers l’autre.

AA

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