L’Allemagne aux Tunisiens : « Tunisie, reprenez vos terroristes »

L’Allemagne aux Tunisiens : « Tunisie, reprenez vos terroristes »

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Des protestations en Tunisie, d’autres en Allemagne, toutes portant sur le même sujet : le retour des terroristes et le rapatriement des demandeurs d’asile déboutés.

D’un côté, les Tunisiens refusent catégoriquement le retour des terroristes ayant participé aux atrocités de Daech en Irak et en Syrie mais aussi ceux que les pays Européens veulent expulser.

Ces derniers sont considérés comme des bombes à retardement, une menace indirecte et un signal rouge qui risquent de déstabiliser un pays qui a tant perdu et souffert pour retrouver son « équilibre sécuritaire ».

D’un autre côté, les Allemands en ont  marre des centaines de milliers de migrants et de sans-papiers qui, d’un jour à l’autre, commettent des attentats à travers le pays et causent des dommages irréversibles. D’ailleurs l’attentat de Berlin fut la goutte qui a fait déborder le vase.

Les processus d’expulsions accélérées

Berlin a annoncé son intention d’accélérer les processus d’expulsions des demandeurs d’asile refusés, notamment ceux originaires des pays du Maghreb. La chancelière Angela Merkel a déclaré que l’attaque de Berlin exigeait une réponse rapide du gouvernement qui garantit à la fois la sécurité et les libertés civiles.

Merkel a souligné l’importance de mette en place un consensus entre les partis politiques à Berlin et de trouver des «solutions communes» pour classer l’Algérie, le Maroc et la Tunisie comme des pays sûrs, permettant aux autorités allemandes de renvoyer des personnes venues de ces pays.

Les réponses du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel et du ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière étaient plus sèches. Tous deux ont annoncé que les pays qui n’accepteront pas les demandeurs d’asile refusés par l’Allemagne ne pourront plus recevoir d’aide au développement.

Refus de la Tunisie d’accueillir les terroristes

Dans une interview accordée au « Der Spielgel », Gabriel a clairement déclaré que « ceux qui ne coopèrent pas suffisamment ne peuvent espérer bénéficier de notre aide au développement ». Et ce n’est pas tout.

Les médias allemands se sont acharnés contre le refus des Tunisiens d’accueillir les terroristes et les ressortissants suspectés de terrorisme. Le journal WELT a consacré tout un article sur les manifestations organisées à Tunis contre le retour des djihadistes, en ayant recours à un chiffre devenu classique pour les médias étrangers ; le nombre de terroristes tunisiens dans les zones de conflit.

« Tunisie, reprenez vos terroristes »

Aujourd’hui, c’est le Deutsche Welle qui critique la Tunisie. Dans un article intitulé « Tunisie, reprenez vos terroristes », le journaliste s’est demandé pourquoi les Tunisiens refusent de « reprendre des criminels de nationalité tunisienne » et a critiqué la position de la Tunisie quant à ce sujet.

« Pourquoi devraient-ils, les autres Etats, être amenés à assumer la responsabilité d’un problème tunisien ? Les citoyens d’autres pays doivent-ils souffrir simplement parce que la Tunisie ne veut plus de criminels dangereux ?

[…] Il est certain que la Tunisie est une jeune démocratie, issue d’une dictature. Le pays est économiquement faible et cela peut avoir un impact sur la stabilité de l’Etat et de ses structures. Cela fait que la détermination des Tunisiens à ne pas compromettre leur système judiciaire, à ne pas répéter les perversions de la justice de la dictature de Ben Ali, est d’autant plus admirable.

Un grave problème pour les tribunaux tunisiens

La Tunisie a fixé la barre haute quand elle a jugé les criminels dans le tribunal selon des normes constitutionnelles claires, se différenciant de la plupart des autres Etats dans la région.

Mais le fait que la justice ne puisse souvent pas trouver de preuves pour incriminer les jihadistes revenus de l’étranger est un grave problème pour les tribunaux tunisiens.

Ces rapatriés radicaux restent alors en liberté. Cependant, d’autres pays, y compris l’Allemagne, sont également confrontés au même problème. D’ailleurs, la faiblesse ne peut être aucune excuse. L’Irak et la Syrie ne sont pas des Etats solides en ce moment. », peut-on lire.

« Chaque pays est responsable de ses propres citoyens »

L’article est conclu par un appel indirect à la Tunisie d’assumer ses « responsabilités. « Chaque pays est responsable de ses propres citoyens et doit les reprendre s’ils sont déclarés personæ non grata – et à juste titre – ailleurs. C’est seulement à ce moment qu’un pays civilisé s’acquitte adéquatement de ses responsabilités. »

I.B.

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