Tunisie : Doit-on s’attendre à une moisson exceptionnelle ?

pluieTunis Hebdo | Suite aux fortes pluies qui se sont abattues, ces derniers temps, sur plusieurs villes du pays, les agriculteurs se sont montrés plutôt optimistes, sans dissimuler toutefois leur crainte.

Se préparer dès maintenant à la surproduction laitière

Fayçal Tebini, député à l’Assemblée des Représentants du Peuple du parti de la Voix des Agriculteurs, a prévenu d’emblée : «Il faut se préparer dès maintenant à la surproduction laitière. En effet, les pluies qui sont tombées dernièrement vont faire pousser une herbe très dense et de bonne qualité, ce qui conduira les animaux à produire une grande quantité de lait.»

Il suffit que la pluie s’abstienne en février et en mars
pour que la moisson ne soit pas bonne

Pour ce qui est de la production céréalière, Tebini espère «une moisson abondante. Mais attention de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué», a-t-il prévenu. «Ce n’est pas parce qu’on a eu une pluviosité assez bonne en cette période de l’année que la moisson sera abondante. Il suffit que la pluie s’abstienne en février et en mars pour que la moisson ne soit pas bonne. C’est pour vous dire qu’il est encore tôt de se prononcer à ce sujet».

Dans ce même cadre, le député a conseillé de «bien exploiter, non seulement les pluies qui vont tomber, mais aussi les neiges. Ces dernières garantissent, en effet, une grande quantité d’eau.»

Les barrages toujours quasi-vides ?

De son côté, Chokri Rezgui, vice-président de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP) chargé de la production végétale, nous a déclaré : «Certes, on a eu une bonne pluviosité ces derniers temps, mais malheureusement, les pluies en question ne sont pas tombées dans les endroits agricoles qui manquent vraiment d’eau, tel le Nord-Ouest.

En effet, les barrages importants de la place sont toujours quasi-vides, notamment les barrages de Beni Metir, de Sidi Salem, de Mellègue, de Barbara, etc.»

Rezgui a fait savoir également que les pluies qui sont tombées dernièrement «n’ont été bénéfiques qu’aux oliviers et à certains barrages du centre du pays, tel Kairouan.» Il a ajouté : «La situation n’est pas catastrophique, mais nous avons quand même besoin de pluie, notamment dans le nord, car les réserves hydriques sont au plus bas.»

Rappelons, enfin, que la récolte des céréales en Tunisie a atteint 13 millions de quintaux au cours de la saison 2015-2016, selon les données de la direction générale de la production agricole, relevant du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

Quant aux agrumes, la récolte a atteint 760 mille tonnes, selon le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche.

Slim MESTIRI

Commentaires:

Commentez...