Les terroristes rentrés au pays auront-ils droit au « FCR » ?

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Tunis Hebdo | La Tunisie fait face à une situation exclusive qui transgresse quasiment toutes les dispositions constitutionnelles et juridiques que ce pays a entassées depuis son indépendance.

Qui aurait dit qu’un jour, les islamistes locaux formateraient des milliers de jeunes de ce pays pour les expédier au front syrien servir un wahhabisme criminel et barbare ? Qui aurait dit que ces mêmes jeunes, ou une bonne partie d’entre-eux, allaient revenir au pays, après avoir appris toutes les ficelles du terrorisme et perpétré, au nom de l’Islam, les pires atrocités que l’humanité ait jamais connues depuis son existence ?

Mais pourquoi aucune disposition, tout aussi exclusive que la situation elle-même, n’a été prise pour faire face au retour de ces terroristes dont l’embrigadement par les intégristes religieux, sauf exception miraculeuse, demeurera tenace si ce n’est encore plus revigoré ?

Les plus grandes démocraties du monde, les USA en premier, ont été acculés à contrevenir à leur constitution en édictant des lois d’exception, dont le «Patriot act», pour garantir la sécurité de leur nation, lors de la vague de terrorisme ayant sévi en 2001.

Si rien n’a été fait du temps de la Troïka, cela se comprend puisque le gros contingent des terroristes expédiés en Syrie avait bénéficié de l’appui du régime en place, acquis à la cause wahhabite et qui a même contribué, idéologiquement et logistiquement, à leur envoi au front syrien pour faire tomber le régime de Bachar Al Assad.

Mais depuis l’arrivée d’un nouvel exécutif et d’un législatif non dominés par la mouvance islamiste, qu’est-ce qui a bien pu empêcher les gouvernants de se munir de lois qui envisageraient avec sérieux ce retour impromptu d’individus qui risqueraient fortement de porter atteinte à la sécurité nationale ?

Y a-t-il réellement une volonté d’affronter cette situation ou est-ce que l’alliance du pouvoir avec, entre autres, le parti islamiste et son allégeance aux puissances ayant envoyé ces terroristes en Syrie, qui le pousse à adopter cette sorte de fuite en avant périlleuse pour la Tunisie ?

Et puis, qu’est-ce que c’est que cette histoire de repentir qu’on nous sort comme ça pour blanchir ces criminels, comme s’il s’agissait de mafieux ou d’hommes de main repentis de cartels colombiens ? Le plus curieux, c’est que les médias contribuent à enraciner dans les esprits cette idée de rédemption en laquelle peu de gens croient.

On est tenté de dire, en ce sens, et c’est à vous de faire le lien qui s’impose, que les déclarations, en dents de scie, du président Caïd Essebsi à différents médias, laissent tout de même pantois.

« Nous n’empêcherons aucun Tunisien de revenir dans son pays. Il s’agit là d’un principe constitutionnel. Nous prendrons nos précautions face à eux, nous agirons avec chacun d’eux sur les plans sécuritaire et politique, en fonction de ces faits et de ce que dicte la situation, et ce, avant et après leur retour ».

C’est ce que le Chef de l’Etat a déclaré lors d’un entretien accordé à la chaîne Euronews, contredisant, presque, les propos qu’il a tenus, auparavant dans une interview à l’AFP et dans laquelle il a affirmé que : « La Tunisie refusera catégoriquement de gracier les terroristes tunisiens qui combattent dans les rangs des organisations terroristes ». Que s’est-il passé, entretemps ?

Personne ne pourra le dire et la présidence de la République, assaillie par les critiques, a dû publier un communiqué pour rectifier le tir, avant qu’une interview « providentielle » avec la chaîne Al Arabia vienne rétablir les toute premières déclarations, assurant être totalement opposé à ce que l’on appelle la loi du repentir et insistant sur la nécessité de traduire tous les terroristes devant la justice. Pourquoi est-il revenu sur sa position, encore une fois ?

Cela dit, qui pourra prédire ce qui se passera, à l’avenir, quand le pays sera truffé de terroristes « repentis » ? Un pays où on entre comme dans un moulin pour stocker des armes, perpétrer des attentats ou assassiner des politiciens et des activistes de tous bords.

Moralité : pendant qu’on y est, si on fait bénéficier ces terroristes du « repentir », pourquoi ne pas les faire bénéficier aussi du régime « FCR », comme ça ils pourraient ramener les sabres avec lesquels ils avaient tranché la gorge à des innocents, entre vieillards et enfants.

I.B.H

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