Tunisie : Ben Ali reconnait « les abus et violations » commis par son régime

Ben AliLe président déchu Zine El Abidine Ben Ali a reconnu que son régime a « commis des erreurs, des abus et des violations » durant sa présidence et « n’a pas été un régime exempt de forfaits à l’instar de tout autre régime ou Etat ».

La reconnaissance de ses violations est contenue dans un communiqué rédigé par le bureau de son avocat, Mounir Ben Salha, qui le représente en Tunisie, et approuvé par l’ex-chef de l’Etat, dont l’agence TAP a reçu une copie, dans lequel ce dernier commente les auditions publiques de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), entamées le 17 novembre courant, sur les violations des droits de l’homme en Tunisie depuis l’indépendance.

« Mon client a décidé de ne plus se taire sur les atteintes dont il a fait l’objet en rendant public, par le biais du bureau de l’avocat qu’il représente en Tunisie, ses réactions et donnant les éclaircissements nécessaires », a déclaré Ben Salha à l’agence TAP.

Dans ce communiqué, Ben Ali écrit que « la confrontation de l’Etat avec des organisations secrètes et militaires de partis et d’organisations ayant opté pour l’action hors du cadre légal pourrait avoir conduit à des abus qui ont porté atteinte aux droits de l’homme ».

« Le régime n’a pas hésité à les reconnaitre en créant une commission ad hoc pour enquêter sur ces abus présidée par Rachid Driss qui a compilé les violations rapportées par les participants aux auditions publiques (de l’IVD) », ajoute Ben Ali.

Il a estimé que « le rapport de Rachid Driss a confirmé la véracité des violations et déterminé les responsabilités », indiquant qu’il avait « ordonné de dédommager les dégâts matériels et moraux ».

Commentant les témoignages publics des victimes de la dictature organisés par l’Instance Vérité et Dignité, le président déchu a estimé que « la présentation des témoignages lors d’auditions selon le scénario qu’on a vu, sans présenter l’autre version des évènements, transforme les auditions en une action de dissimulation des vérités, ce qui conduit à la division des tunisiens ».

« Je laisse le jugement sur l’époque où j’étais à la tête de l’Etat tunisien aux historiens neutres et honnêtes », a ajouté l’ex-chef de l’Etat.

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