Festival International du Film du Caire – Une belle cérémonie d’ouverture !

Festival International du Film du Caire – Une belle cérémonie d’ouverture !

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affiche du Cairo International Film Festival CIFF

Mardi 15 novembre 2016 a eu lieu la cérémonie d’ouverture de la 38ème édition du Festival International du Film du Caire (CIFF). Bien que cette cérémonie ait été assombrie par le deuil suite au décès 48 heures auparavant de l’acteur Mahmoud Abdelaziz, elle était quand même très réussie. Surtout en comparaison avec les deux cérémonies d’ouverture et de clôture des JCC 2016.

A l'entrée, un grand panneau hommage à feu Mahmoud Abdelaziz
A l’entrée, un grand panneau hommage à feu Mahmoud Abdelaziz.

En effet, cette cérémonie, qui s’est déroulée  à l’Opéra du Caire, devrait être une leçon d’organisation pour nous Tunisiens.

A commencer déjà par la décoration de l’entrée. Très belle. Et surtout bien pensée de façon à permettre aux photographes et journalistes de bien faire leur travail et aux invités d’être mis en valeur sans être importunés.

Entrée du Palais de l'Opéra
Entrée du Palais de l’Opéra

Une tenue de soirée est exigée de tous, professionnels et invités. Donc TOUS les photographes et journalistes étaient en costume noir et cravates. Tous ! C’est d’ailleurs pareil pour le festival de Cannes.

Les photographes qui couvrent le tapis rouge sont tous alignés, selon un ordre déterminé, le long d’une barrière qui leur permet de prendre leurs photos sans importuner les artistes. Seuls trois photographes ont le droit de pénétrer à l’intérieur de l’Opéra. Deux photographes au rez de chaussée, dont un est assis devant pour les photos de la scène, mais j’insiste sur assis, et donc ne dérangent pas les invités, et le troisième photographe à l’étage.

L'endroit réservé aux photographes (photo prise le lendemain)
L’endroit réservé aux photographes (photo prise le lendemain)

Une fois dépassé le tapis rouge, on arrive dans un endroit où plusieurs plateaux de TV sont installés pour interviewer certains invités.

Plateau de TV devant l'entrée du Palais de l'Opéra
Plateau de TV devant l’entrée du Palais de l’Opéra

Concernant les journalistes égyptiens, seulement quelques-uns sont admis à l’intérieur du bâtiment. Seuls quelques rares privilégiés sont admis au rez de chaussée, tous les autres sont installés au premier étage.

Les journalistes égyptiens sont installés à l'étage.
Les journalistes égyptiens sont installés à l’étage.

A l’intérieur chacun a sa place. Il y a des sièges réservés à des personnes bien précises, avec leurs noms dessus, comme les artistes qui recevront des hommages et qui arriveront de la scène, ou les Ministres de la Culture et du Tourisme. Il y a des sièges réservés à une fonction, comme par exemple aux membres du jury ou aux journalistes étrangers invités ou à l’équipe du film qui sera projeté ce soir-là. Des casques pour traduction simultanée sont distribués aux invités non arabophones.

Certains sièges sont réservés.
Certains sièges sont réservés.

Chacun des invités a respecté cet ordre. Je n’ai vu ou entendu personne remettre en question cette organisation ou demander à changer de place. Une seule actrice, arrivée en retard, a voulu prendre un siège réservé, elle a été fermement priée de libérer la place.

La scène
Une partie de la scène.

Une fois tous les invités installés, la cérémonie a commencé. D’abord avec une chanson hommage au cinéma, avec la projection d’une vidéo montrant les acteurs et metteurs en scènes cités. Une très belle chanson, mais avec un bémol quand même : le seul acteur arabe non égyptien cité était Douraid Ellaham. Pourquoi ? N’existe-t-il pas d’autres acteurs et réalisateurs arabes dignes d’être cités ?

Ont suivi les discours de Mme Magda Wassef, présidente du Festival, de Hilmi Nemnem, Ministre de la Culture, qui a demandé aux invités d’observer une minute de silence en mémoire de Mahmoud Abdelaziz, et de Mahmoud Hemeida président d’honneur de cette 38ème édition du festival, dédiée et baptisée au nom de Mahmoud Abdelaziz.

Ensuite, il y a eu divers hommages et la remise du Prix Faten Hamama, notamment à Ahmed Helmi qui a enchanté l’assistance par son mot de remerciement et à titre posthume à Mohamed Khan, et la présentation des membres des divers jurys.

Ahmed Helmi, auquel a été décerné le Prix Faten Hamama.
Ahmed Helmi, auquel a été décerné le Prix Faten Hamama.

La cérémonie s’est poursuivie, en présence de l’équipe du film, avec la projection du long-métrage en compétition officielle Un jour pour les femmes de Kamla Abu Zekry, avec dans les principaux rôles Elhem Shahine, Farouk El-Fishawy, Mahmoud Hemeida, Hala Sedki, Nelly Kareem et Nahed El-Sebai.

L'équipe du film "Un jour pour les femmes"
L’équipe du film « Un jour pour les femmes »

J’avoue que j’ai eu vraiment honte lors de cette cérémonie en pensant aux cérémonies des JCC, et pas seulement en 2016. Au Caire, tout est étudié, organisé, mis en place au millimètre près. Il faut préciser que la cérémonie est préparée par des professionnels, entre metteur en scène, chef d’orchestre, décorateur, costumière… Rien n’est laissé au hasard et à l’à peu près. Où sont nos professionnels tunisiens ? Pourtant je suis convaincue que nous en avons d’excellents et qu’ils pourraient faire un travail exceptionnel.

Par ailleurs, des règles précises sont mises en place et tous y obéissent sans rechigner. Pourquoi pas en Tunisie?  Pourquoi est-ce qu’en Tunisie les journalistes et photographes sont libres de déambuler partout, d’importuner tous les invités, de se mettre devant ces mêmes invités les empêchant de voir la scène? Pourquoi certaines personnes, y compris les photographes et journalistes, viennent-elles en Jeans et baskets et ne font pas l’effort de mettre un costume ou une jolie robe? Apres tout, est-ce si difficile de porter un costume lors d’une telle manifestation? Pourquoi les invités ne respectent-ils pas les places qui leurs sont assignées ? Etc…

Je sais, nous pourrions polémiquer longtemps sur ce sujet. Mais peut-être que d’ores et déjà une réponse toute simple s’impose: si les JCC sont si mal organisés, peut-être tout simplement parce qu’il n’y a pas un statut juridique et surtout une structure permanente qui permette d’aller de l’avant et d’essayer de corriger chaque année les erreurs des sessions précédentes !

Neïla Driss

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