Tunisie : Qui a peur de la levée du secret bancaire ?!

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Tunis Hebdo | L’article 37 du projet de Loi de finances 2017, concernant la levée du secret bancaire, débattu, vendredi 11 novembre, par la commission des finances relevant de l’Assemblée des représentants du peuple, a été refusé par les élus des deux principaux partis au pouvoir, Ennahdha et Nidaa Tounès.

En effet les élus Mohamed Ben Salem, Moez Belhaj Rhouma, Slim Besbes, Sami Fatnassi, Hédi Ben Braham (Ennahdha) ; Mohamed Fadhel Ben Omrane et Chakib Bani (Nidaa Tounes), ont voté contre. Mongi Rahoui (Front populaire), Samia Abbou (Attayar) et Tarek Fetiti (UPL), ont voté pour. Leila Hamrouni (Al Horra) et Abderraouf El May (Al Horra) se sont abstenus.

Il s’agit d’une première du genre : l’opposition, Front populaire à l’appui, approuve un projet de loi proposé par le gouvernement, alors que les deux partis, majoritaires à l’Assemblée, et au gouvernement, usent de tout leur poids pour supprimer ce même projet de loi qui, visiblement, nuit à leurs intérêts et à ceux de leurs protégés.

Qui a peur de la levée du secret bancaire ? Logiquement, celui qui a ramassé beaucoup d’argent, illégalement, soit dit en passant, et qui a peur que cela ne soit révélé au grand jour.

Homme d’affaire corrompu, contrebandier ou mafieux, pourraient vous apparaître comme les seuls à refuser une levée du secret bancaire. Les autres n’ayant rien à se reprocher comme ils le soutiennent devraient normalement jouer franc jeu.

Il semble que l’on est bien loin de tout cela et que les décideurs dans ce pays ont tout le mal du monde à adhérer à cette revendication nationale qu’est la justice fiscale. Et ce n’est pas uniquement pour protéger leurs biens mal acquis, et Dieu sait s’ils en ont, mais surtout pour « blanchir » les lobbies qui les soutiennent et qui les ont plongé dans de grosses magouilles financières.

Des citoyens au-dessus de la loi, il y en a pas mal. Les uns sont soutenus par les gouvernants, les autres, tels les avocats et les médecins misent de plus en plus sur l’absence totale de notion d’Etat chez nos dirigeants.

La petite remarque subtile et pernicieuse de Jean-Pierre Elkabbach à Youssef Chahed raisonne encore dans les esprits : « Ne faut-il pas plutôt amener vos avocats et vos médecins à payer leurs impôts avant de chercher des investisseurs étrangers ? »

I.B.H

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