Trump à la Maison Blanche : Quels changements ?

trumpLes Américains viennent de faire un vote historique en envoyant Donald Trump à la Maison Blanche pour un mandat de quatre ans en tant que 45ème président de la première puissance mondiale.

Alors que les observateurs de la vie politique américaine, à quelques exceptions près, ainsi que les sondages donnaient Hillary Clinton vainqueur, les urnes ont parlé pour sacrer le « mythique » présentateur de téléréalité dont les passages faisaient un tabac et explosaient les audiences. Un véritable pied de nez à tous les « prophètes » de la vie politique et aux « pseudo-experts » !

Il faut dire que l’électorat américain n’est pas à sa première surprise du genre. L’on se rappelle que l’élection d’un acteur de seconde zone, un illustre inconnu à l’époque, Ronald Reagan en 1980 face au président démocrate sortant, Jimmy Carter, avait aussi provoqué un « séisme » similaire à celui que l’on décrit aujourd’hui après la victoire de Donald Trump.

L’ascension de ce dernier à la plus haute magistrature américaine est une défaite d’abord de l’establishment us, de la classe politique empêtrée depuis des années dans d‘inextricables problématiques sur le plan international dans plusieurs dossiers relatifs à la politique étrangère des Etats-Unis (terrorisme, Syrie, Irak, Iran, Libye etc. ) ainsi que les problèmes et la crise économiques qui secouent le géant américain et qui frappent de plein fouet plusieurs classes sociales notamment les classes moyennes et les classes laborieuses.

Elle est ensuite celle d’un discours qui n’arrive plus à mobiliser les électeurs américains, les débats « intellos » ne les intéressant plus et surtout n’ayant aucun réel impact sur leur vie quotidienne tout en annonçant la perte des Etats-Unis leur place de leader du monde.

Si, Hillary Clinton apparaissait comme une candidate du statuquo, Donald Trump était, paradoxalement, le candidat du changement usant d’un discours populaire, voire populiste, qui a pu mobiliser les suffragants et qui lui a permis de remporter largement le scrutin.

Ce qui est déroutant dans ce vote, et qui ne fait que confirmer la perversité de la démocratie à l’américaine, c’est que les élections paraissent aujourd’hui beaucoup plus une affaire de gros sous et un investissement financier que l’expression libre de la volonté des électeurs. Trump a été aussi probablement élu parce qu’il a su manipuler la majorité de la population et grâce à une campagne électorale agressive, provocatrice et fondée sur la restauration de la grandeur américaine.

Dans cette optique, le futur qu’il va tracer aux Etats-Unis sera quand même marqué par une nouvelle orientation qui pourrait se manifester notamment par le retour à une forme de protectionnisme, à une baisse des impôts, un durcissement des conditions d’immigration pour tenter de relancer la machine économique.

Au niveau international, ce qui nous intéresse, c’est son comportement envers la Tunisie, et sur ce plan, l’intention qu’on lui prête est de mener une lutte sans merci contre le terrorisme islamiste quitte à s’allier avec la Russie. Cela explique l’empressement avec lequel le président Sissi l’a félicité et une éventuelle action d’envergure dans cette direction pourrait entraîner de grands bouleversements dans notre région.

Maintenant, Trump comme plusieurs de ceux qui l’ont précédé, ne sera pas seul aux commandes, mais simplement un « pion » entre les mains des multinationales…

L.L.

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