Projet de loi de finances 2017 : Faut-il revenir à Carthage ?

 

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Le projet de loi de finances 2017 ne fait guère l’unanimité. Bien au contraire, personne n’en semble convaincu et aucun partenaire social, d’un côté comme d’un autre et appartenant à toutes les catégories sociales, ne semble disposer à accepter les conditions qui vont leur être dictées, chacune de son côté !

Les salariés notamment ceux de la fonction publique ne semblent pas du tout prêts à adhérer à l’idée du report des augmentations salariales obtenues suite à un accord avec le précédent gouvernement.

Les avocats, qui sont en réalité la voix des professions libérales, ne sont pas eux aussi disposés à consentir des compromis alors qu’ils ont bénéficié, pour beaucoup d’entre eux, et depuis des décennies des largesses de l’ancien régime, et même de celui de l’après 14 janvier 2011, et du laxisme ou de la compromission de certains agents de l’administration fiscale.

En revanche, le gouvernement de Youssef Chahed aurait signifié à l’Assemblée des Représentants du Peuple qu’il maintient ses décisions et les mesures décidées, laissant à l’assemblée générale le soin de l’approuver en comptant sur l’adhésion de la majorité parlementaire.

S’il est certain, ou presque, et à moins d’influences majeures, cette loi devrait être approuvée par les représentants du peuple, mais elle pourrait être un déclencheur pour une profonde crise sociale qui risque de plonger le pays dans un gouffre sans fond !

Sur ce plan, l’UGTT maintient aujourd’hui encore sa position de refus de tout report des augmentations salariales à plus tard (en 2019, et sous condition à 2018), et sa direction pourrait avoir de grosses difficultés à retenir ses adhérents.

D’ailleurs, la Centrale syndicale, se trouve à la croisée des chemins avec un bureau exécutif « provisoire », puisque son prochain congrès prévu au début du mois de janvier 2017 et verrait l’élection d’un nouveau bureau exécutif, pourrait être tenté de ne pas mettre dans l’embarras la nouvelle direction.

Car, il faut dire qu’en face, le gouvernement a, certes, enclenché une sorte de campagne contre les trafiquants et le commerce parallèle, mais selon les observateurs, pas seulement ses détracteurs, elle ne toucherait que la surface, c’est-à-dire les petits détaillants alors que les « gros requins » continuent d’échapper allégrement aux poursuites.

Autrement dit, personne n’est convaincu, parmi les citoyens et les catégories sociales « invités » à faire des sacrifices, de la capacité des gouvernants à aller au bout de la question.

Le contexte étant ainsi, plusieurs « politiques » demandent aujourd’hui le retour aux négociations du Pacte de Carthage à l’instar de partis de l’opposition, de l’UTICA ou de l’UGTT.

Il faut dire que ce Pacte, est comme nous l’avions souligné depuis son adoption, est un texte composé de principes et nos pas de mesures concrètes. C’est que sa concrétisation n’est pas aussi simple et exigent des sacrifices réels de la part de toutes les classes sociales.

Autrement le risque d’explosion sociale et d’implosion politique, au sein de la majorité, devient réel et quasi-certain !

L.L.

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