La Tunisie doit-elle craindre la Xylella Fastiduosa, une bactérie tueuse d’olivier ?

La Tunisie doit-elle craindre la Xylella Fastiduosa, une bactérie tueuse d’olivier ?

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olivierLa Xylella Fastiduza, c’est une bactérie tueuse d’olivier à redouter. Certaines souches de cette bactérie sont responsables de maladies mortelles ou potentiellement mortelles chez diverses espèces de plantes cultivées d’intérêt commercial, notamment la vigne, l’olivier et les agrumes.

Introduite en Europe et identifiée en octobre 2013, elle décime depuis quelques années les oliviers de la région des Pouilles, dans le sud de l’Italie, menaçant depuis son introduction l’ensemble du pourtour méditerranéen.

En juillet 2015, la bactérie est trouvée à Propriano en Corse sur un polygale à feuilles de myrte planté en 2010, ainsi que sur des plants de genêts d’Espagne. La souche trouvée en Corse est identifiée comme appartenant à la sous-espèce multiplex, différente de celle pauca affectant les oliviers des Pouilles. Début octobre 2015, sa présence est confirmé à Nice dans les Alpes-Maritimes.

Si elle jette son dévolu sur les oliviers, ils en meurent massivement. « Nous ne voulons pas que ça arrive ! L’olivier est un capital précieux et arbre emblème qui revêt une forte importance économique en Tunisie et dans certains pays de l’Afrique du Nord et du Proche Orient », ont déclaré, mercredi à l’agence TAP, des experts de cette région, réunis, à Tunis, à l’occasion d’un atelier d’une semaine (29 août-2 septembre 2016), organisé par la FAO avec l’appui du ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche.

Une bactérie transmise et véhiculée par des insectes vecteurs

Il faut empêcher l’introduction de cette bactérie et surtout surveiller et contrôler le commerce des plants et aussi des plantes d’ornement, en plus du respect, à tous les niveaux, des mesures et exigences de santé végétale, ont-t-ils recommandé, lors de ce conclave régional.

La Xylella Fastiduosa est une bactérie transmise et véhiculée par des insectes vecteurs qui s’attaquent à un très large spectre de végétaux hôtes. Ses symptômes sont le flétrissement, les brûlures des feuilles et dans les stades les plus avancés, le dessèchement des rameaux, suivis de la mort de la plante dans les cas les plus graves (laurier-rose, oliviers, amandiers, chêne…).

L’écologie de cette bactérie est assez complexe, il faut prendre toutes les mesures de prévention nécessaires pour éviter son introduction et sa propagation. L’élucider, après son attaque, est très difficile. Ainsi, les oléiculteurs tunisiens et ceux de plusieurs pays producteurs d’huile d’olive doivent tout connaitre sur cette bestiole, qui a fait ravage en Italie, où des oliveraies ont été complètement dévastées et des dizaines de milliers d’oliviers perdus et qui continue à faire apparition dans d’autres pays du monde.

D’après Noureddine Nasr, chargé de la production et la protection des végétaux au Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique du Nord, l’atelier de Tunis a débouché sur trois actions concrètes.

Plan d’action

Il s’agit de la création d’un réseau régional: Le réseau des équipes du projet de renforcement des capacités pour empêcher l’introduction et la dissémination de la bactérie « Xylella fastidiosa » avec un consultant et un coordinateur (national) dans chaque pays.

Un plan d’action pour la lutte et la sensibilisation à cette bactérie sera, selon Nasr, entamé dans les plus brefs délais dans les pays concernés (Tunisie, Algérie, Maroc, Palestine, Liban, Egypte), sachant qu’une première formation a été assurée par des experts de l’Institut agronomique méditerranéen de BARI (Italie) au profit des équipes du projet sur l’activité de détection de la bactérie.

En Tunisie, Noureddine Nasr a affirmé qu’il est prévu d’entamer les activités du projet « le plus vite possible, avant même la fin de cette année». «La bactérie n’a jamais été détectée en Tunisie et nous voulons prendre toutes les mesures nécessaires et sensibiliser tous les agriculteurs pour protéger nos oliveraies dans tout le territoire tunisien », a-t-il insisté.

Nos oliveraies indemnes

Mercredi 31 août, les experts des pays ciblés par le projet ont assisté à une première formation en activité de détection dans une oliveraie en Tunisie. Il s’agit d’une démonstration : Comment prélever des échantillons des oliviers et des insectes aux alentours des arbres pour procéder ensuite, au laboratoire, à des tests visant à déterminer l’existence ou non de la bactérie?

« Nos oliveraies sont indemnes, Dieu merci, mais il vaut mieux prévenir que guérir » a déclaré à l’agence TAP Dr, Ali Amine Kafou, spécialiste de la santé végétale invité à l’atelier de Tunis. Il ne faut pas attendre que la bactérie s’introduise, d’une manière ou d’une autre, dans nos oliveraies, il faut prendre les mesures nécessaires de prévention pour protéger ce capital précieux pour plusieurs pays de la région : l’olivier.

En Tunisie, où l’oléiculture occupe une position particulière dans l’agriculture et dans l’économie, il faut tout faire pour empêcher l’entrée de cette bactérie redoutable sur le territoire, s’accordent à dire les experts de santé végétale tunisiens.

70 millions de pieds d’oliviers

La forêt oléicole compte actuellement près de 70 millions de pieds d’oliviers couvrant 1,7 million d’hectares dont 1.5 million d’hectares répartis entre 1,4 million d’ha d’oliviers à huile et 19.000 ha d’oliviers de table, représentant près de 79% de la superficie arboricole totale et 34% des terres labourables, d’après des données de l’Institut de l’Olivier.

Adapté aux conditions climatiques de la Tunisie, l’olivier à huile s’étend sur tout le territoire national du Nord au Sud et sa culture contribue à la création d’emplois. Entre 20 et 40 millions de journées de travail par an sont fournies par le secteur oléicole.

Le pays dispose d’un patrimoine génétique oléicole riche et l’oliveraie tunisienne jouit d’une richesse remarquable avec environ 140 variétés et écotypes locaux, dont, notamment les variétés Oueslati, Zalmati, Zarrazi, Chemchali, Jerboui, Fakhari, Toffehi, Chemchéli Zarzis, Chemléli Jerba, Tounsi, Chemchéli Zarzis, Marsaline, Sayali et Jemri.

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