Tunisie : Le gouvernement Chahed sur du velours à l’ARP

Le gouvernement Chahed dont la composition est soumise depuis ce vendredi matin au vote de confiance de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) semble assuré d’obtenir une majorité confortable de voix des partis représentés au parlement.

Celui-ci a pris connaissance samedi dernier de la composition du gouvernement proposé et reçu une demande du président de la république de tenir une assemblée plénière, en session extraordinaire, pour procéder au vote de confiance au gouvernement, selon l’article 57 de la constitution.

Les quelques réserves des partis représentés au sein du nouveau cabinet ou des parties manifestant leur soutien au gouvernement ne devraient pas modifier les positions de principe des principales formations politiques qui s’acheminent vers le vote en faveur du gouvernement Chahed.

Les députés d’Ennahdha s’en tiendront aux décisions du dernier conseil de la Choura et accorderont leur vote de confiance au gouvernement Chahed malgré quelques réserves sur certains ministres désignés, rapporte la TAP.

Le bloc Al Horra (25 députés) représentant le parti Machrouu Tounes devrait voter en faveur du gouvernement malgré les remarques formulées vis-à-vis de certains ministres et de l’élargissement de la représentativité du parti Ennahdha.

L’Initiative (3 députés) a clairement indiqué aussi que son parti soutiendra le gouvernement d’union nationale.

Nidaa Tounès (67 députés), parti auquel appartient le chef du gouvernement désigné Youssef Chahed, a laissé entendre également que « malgré des réserves d’une minorité, la majorité des députés du parti feront pencher la balance de l’intérêt national et accorderont la confiance au nouveau gouvernement tout en observant un rôle de contrôle sur son action ».

Le parti Afek (8 députés) avait réaffirmé de son côté son appui au processus de formation du gouvernement d’union national dans le cadre de l’accord de Carthage, estimant sa participation au sein du cabinet « un devoir national », mais n’a pas caché ses réserves sur sa composition.

Idem pour l’Union Patriotique Libre (UPL) qui a pris part aux consultations et signé le « document de Carthage ».

Quant au Front Populaire (15 députés) qui avait décliné l’appel à prendre part aux consultations dès le début a clairement indiqué qu’il n’accordera pas sa confiance au gouvernement Chahed, le qualifiant de « cabinet basé sur les quotas partisans et la complaisance » et réaffirmant qu’il sera dans l’opposition.

Youssef Chahed avait annoncé samedi dernier la composition de son gouvernement qui compte 26 ministres et 14 secrétaires d’Etat, dont 9 ministres du gouvernement Essid. Il se compose également de 8 femmes (6 ministres et 2 secrétaires d’Etat), de 14 jeunes personnalités dont cinq âgés de moins de 35 ans.

Le gouvernement compte également deux personnalités syndicales, Mohamed Trabelsi, désigné au poste de ministre des affaires sociales, et Abid Briki qui succédera à Kamel Ayadi au ministère de la fonction publique et de la gouvernance.

Trois ministres du gouvernement sortant du parti Nidaa Tounes, Neji Jalloul (éducation), Anis Ghedira (transports) et Salma Loumi (tourisme) ont conservé leurs postes. En revanche, Said Ayedi a laissé sa place à Samira Marai (Afek Tounès).

Chahed a associé aussi à son gouvernement des personnalités politiques, à savoir Samir Bettaieb (Voix démocratique), Iyed Dahmani (Parti Républicain) et Mabrouk Korchid (Courant parnarabe) ainsi que des figures du parti Ennahdha, Imed Hammami, Saida Ounissi, Anouar Maarouf et Zied Laadhari.

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