A quand la fête de l’homme ?

Avertissement : la chronique de cette semaine est adressée aux hommes. Mais rien n’empêche nos lectrices d’y jeter un coup d’œil. Au contraire !

Soixante ans après la promulgation du code du statut personnel, la Fête de la Femme fait encore des jaloux parmi les hommes. « Et pourquoi l’homme n’aurait-­il pas, lui aussi, sa propre fête ? », disent certains, tout haut ou en catimini.

D’autres ajoutent, sur un ton mi­-figue, mi­-raisin : « A quand une organisation ou une association qui, à l’instar de l’Union nationale de la femme tunisienne ou l’Association tunisienne des femmes démocrates, défendrait les intérêts de la gent masculine ? »

Tunis : Fête de l'indépendance | Mohamed Ali Sghaier Webdo.tn
Tunis : Fête de l’indépendance | Photo : Mohamed Ali Sghaier Webdo.tn

Mais soyons sérieux ou faisons comme si ! Aux premiers comme aux seconds, disons que l’homme n’a pas besoin qu’on lui consacre une fête. Pourquoi donc ? Mais tout simplement, parce que la Fête de la Femme est la sienne aussi, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, si vous croyez vraiment, chers Messieurs, que « Notre Mère Eve », est née d’une côte de « Notre Père Adam », la femme ne peut être donc qu’une patrie intégrante de l’homme, dans le sens de la fusion ou de la communion, et non point dans celui de l’appropriation, bien évidemment. Dans ce contexte fusionnel, comment voulez –vous et comment pouvez­-vous séparer la fête de la femme de celle de l’homme ?

Et si vous êtes « hallajien », vous chanterez avec ce grand martyr soufi que fut Al Hallaj :

« Je suis celui que j’aime

Et celui que j’aime est moi

Nous sommes deux âmes

Habitant le même corps »

Ce « deux en un » mystique, appliqué à l’homme et à la femme, fait du couple une entité indivisible, et la fête de l’un (e ) est forcément la fête de l’autre.

Si, par ailleurs, vous pensez que la femme est « la moitié de la société » (et cela ne peut être que comme ça, statistiquement parlant), vous ne pourrez nier, partant d’une simple équation mathématique (a=b, donc b=a), que la fête de la femme soit la vôtre aussi. Et si, comme Louis Aragon, vous êtes persuadés que « la femme est l’avenir de l’homme », pensez donc à votre avenir en faisant de la Fête de la Femme votre fête aussi.

Mais si vous ne pensez rien de tout cela, n’oubliez pas quand même, Messieurs les « machos » que la femme c’est aussi votre mère, votre fille, votre sœur, votre épouse ou votre bien­ aimée, et leur fêtes, si vous y réfléchissez bien, est votre fête aussi, et la fête de toute la société. La preuve ? le 13 août est jour férié pour les hommes aussi !

Adel Lahmar

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