Réunion de la Société de cardiologie et des chirurgiens cardio-vasculaires : Entre la condamnation du système et des autorités de tutelle et le rétablissement de la confiance avec les patients

Stent (photo d'illustration)
Stent (photo d’illustration)

« L’affaire des stents périmés » n’a pas fini de faire des dégâts. Les Cardiologues ainsi que les Chirurgiens cardio-vasculaires, réunis hier à Tunis dans le cadre de la Société Tunisienne de Cardiologie et de chirurgie cardio-vasculaire ont exprimé leur désapprobation quant à la manière de procéder des autorités de tutelle qui a usé de termes violents à leur égard sans oublier leurs décisions, que les membres de cette société considèrent comme improvisées et précipitées. Les présents, plusieurs centaines, ont exprimé surtout que cette bourrasque risque de porter atteinte à leur réputation non seulement sur le plan national que sur le plan international. A ce propos, il semble que les premières retombées négatives sont entrain de se faire sentir.

Cependant, ils n’entendent guère se dérober à leur responsabilité et estiment que les brebis galeuses doivent assumer leur comportement à la fois devant leurs propres structures professionnelles que devant la Justice dans le cas où des malversations seront avérées. Mais, ils estiment aussi que les autorités sont défaillantes, le système relatif à l’utilisation des dispositifs médicaux implantables ainsi qu’à leur traçabilité a besoin de la mise à jour de sa réglementation alors que des recommandations émanant de l’OMS ont été déjà approuvées par la Tunisie 2014, mais n’ont jamais été appliquées.

Enfin, ils tiennent à rassurer que sur les 51 mille stents implantés durant les trois dernières années seulement 107 se sont avérés « périmés ». Mais, ils soulignent que cette date de péremption ne signifie pas qu’ils sont totalement inutilisables et que scientifiquement, il n’est pas prouvé que les risques sur les malades soient certains. Au contraire, ces risques sont infimes sur leur santé. Décidés à réagir, nos cardiologues ont pris la décision de mettre sur pied deux comités, un comité de suivi de ce dossier et un autre d’éthique pour veiller sur le respect des bonnes pratiques médicales. Ils ont aussi pris la décision d’organiser au mois de septembre prochain un séminaire international sur l’utilisation des dispositifs médicaux implantables, question de lever toutes les inquiétudes qui auraient pu s’insinuer dans les esprits des citoyens et des patients.

A la suite de cette réunion, ils ont publié le communiqué suivant :

Communiqué

Suite à la réunion tenue le mardi 9 août 2016 après « l’affaire » des stents périmés, les membres de la Société tunisienne de Cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire en présence du Syndicat Général des Médecins, Pharmaciens et Dentistes hospitalo-universitaires et l’Union des Médecins Spécialistes Libéraux, tiennent à éclairer l’opinion publique sur les points suivants :

– Condamnent la campagne orchestrée par les autorités compétentes et les termes violents ainsi que les décisions précipitées à l’encontre des cardiologues et des chirurgiens cardiovasculaires qui portent atteinte à la fois à la confiance établie entre le patient et le médecin, et à leurs réputations nationale et internationale.
– Demandent à laisser les cardiologues et la cardiologie en dehors des manœuvres politiciennes et populistes.
– Soulignent l’existence de dysfonctionnement dans l’ensemble du système de gestion des dispositifs médicaux implantables et appellent les autorités compétentes à assumer leur responsabilité afin d’apporter les améliorations nécessaires dans le système de traçabilité et à la réglementation relative à l’utilisation des dispositifs médicaux implantables malgré les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé qui sont restées lettre morte depuis 2014.
– Affirment leur volonté de respecter la loi et font confiance en leurs propres structures professionnelles, le Conseil National de l’Ordre des Médecins, et en la justice dans la détermination de la vérité, et prêts à assumer leur responsabilité dans le cas où elle serait avérée.
– Rassurent les patients et l’ensemble de tous les citoyens sur la qualité des soins en cardiologie interventionnelle sachant que sur les 51 000 stents implantés durant les trois dernières années, seulement 0,2% sont en question ; et que les risques sont infimes sur la santé des personnes concernées.

Et ont décidé ce qui suit :

– La mise en place d’un Comité de crise destiné à faire le suivi de ce dossier.
– La création d’un comité d’éthique destiné à veiller sur le respect des bonnes pratiques en matière de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire.
– L’organisation d’un séminaire scientifique international au mois de septembre prochain avec la participation d’experts étrangers sur la question de «la gestion des dispositifs médicaux implantables ».

 

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