Tunisie : Au-delà des hommes !

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La désignation de Youssef Chahed pour la formation du prochain gouvernement par le Président de la République n’a pas été accueillie de la même façon par tous les participants à son initiative, celle consistant à former un gouvernement d’union nationale. On s’est retrouvé avec trois types de positions.

La première est, comme par hasard, celle des partis de l’alliance au pouvoir qui se sont tous empressés de manifester leur approbation quant à la désignation de Youssef Chahed. Pourtant, même Nidaa Tounès avait déclaré au départ que Youssef Chahed ne figurait pas parmi les personnalités qu’elle allait proposer, mais par la suite, ils ont tous accepté cette nomination.

La seconde est l’attitude attentiste des organisations nationales qui se sont contentés d’affirmer leur neutralité préférant attendre les premières décisions de Youssef Chahed. Une attitude qui peut se comprendre dans la mesure où l’UGTT, UTICA ou l’UTAP ont affirmé depuis le début qu’elles n’étaient pas concernées par les noms des candidats que ce soit à la tête du prochain gouvernement que par ceux des ministres qui seront appelés à en faire partie.

Enfin, la troisième se rapporte à ceux qui s’attendaient à la poursuite du processus des négociations. Et alors qu’ils croyaient pouvoir discuter des critères relativement au profil du futur chef du gouvernement, ils auraient été surpris par la désignation de Youssef Chahed. Ces formations n’ont, en fait aucun poids politique réel aux yeux du Chef de l’Etat et de ses alliés, pour être « entendus » ou écoutés. Du coup, leur position de ne plus poursuivre les négociations et de ne plus se sentir concernés par le futur gouvernement, quoique importante sur le plan symbolique, est dérisoire quant à son impact réel.

Quant au Front Populaire, il est demeuré fidèle à sa démarche en rejetant à la fois Youssef Chahed et son futur gouvernement qui ne représenteraient finalement que la même face d’une seule pièce, celle d’une alliance politique de droite qui va être l’instrument pour la concrétisation de mesures économiquement et socialement impopulaires, voulues par les institutions financières internationales.

Autrement dit, Youssef Chahed, qui s’est lancé depuis son « investiture » par le Chef de l’Etat dans les pourparlers avec les divers acteurs politiques pour délimiter les contours de sa future équipe gouvernementale, semble vouloir ratisser large dans le but de parvenir à la désignation de ministres capables de gérer certains dossiers délicats dans un contexte apaisé.

Cependant, et au–delà des choix des personnes, ce sont en réalité les choix et les décisions relatifs aux orientations socio-économiques qui seront déterminants pour la stabilité du pays. Autrement, on va, de nouveau, droit au mur…

L.L.

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