Et maintenant qu’Habib Essid fait partie du passé, il s’agit de lui trouver un successeur !

Essid ARP

Tunis Hebdo | Le feuilleton, qui a commencé au début du Ramadan dernier, est bel et bien terminé, du moins dans sa première partie, celle relative au départ de Habib Essid et de son gouvernement.

Samedi, le désormais ex-Chef du gouvernement a eu ce qu’il voulait : passer devant l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) pour solliciter un vote de confiance.

Les dés étaient jetés depuis longtemps

Comme tout le monde le savait, lui en premier, il ne lui fallait pas se faire d’illusions, les dés étaient jetés depuis longtemps surtout après les intentions déclarées des partis de l’alliance de voter contre le gouvernement qu’ils ont eux-mêmes intronisés.

Mais, et si on revient à la structure du vote, on peut constater que Habib Essid n’était pas très loin de faire un pied de nez à l’initiative du Chef de l’Etat puisque la majorité acquise n’était pas aussi « confortable » que l’on pouvait attendre.

En effet, les élus du Front Populaire, du Mouvement du Peuple, du Courant Démocratique, d’Al Irada et du Bloc Social ont préféré boycotter le vote, prétextant le fait qu’ils ne sont guère concernés par la question.

L’opposition doit être plus claire dans ses choix

Sur ce plan, il convient de préciser que cette attitude n’exprime pas une position politique courageuse, encore moins, limpide ! Affirmer ne pas être concerné par ce vote est un non-sens dans la mesure où un élu a l’obligation morale et politique d’être toujours intéressé par les affaires publiques, encore plus par le gouvernement qui gère les affaires de l’Etat.

L’opposition doit être plus claire dans ses choix afin de bénéficier de davantage de crédibilité et de visibilité de la part de l’opinion publique. Elle se doit d’expliquer ses orientations et ses choix.

Voter contre ce gouvernement au moment de son intronisation aurait dû se concrétiser samedi par un nouveau vote contre ce même gouvernement à charge de se démarquer clairement des motivations des partis de l’alliance dont il fallait démontrer les contradictions et l’opportunisme !

Infantilisme, manque et absence de maturité politique

Sur ce plan, on peut regretter encore l’infantilisme, le manque, voire l’absence de maturité politique d’une opposition dont le discours et les positions devraient être plus affinés si elle entend jouer un rôle plus important dans l’avenir.

D’autre part, il convient aussi de souligner que trois (3) élus ont voté pour le maintien du gouvernement alors que vingt-sept (27) d’entre eux ont préféré s’abstenir. Autrement dit, Habib Essid n’a pas vraiment été « éjecté » de son poste de manière tranchée et franche !

Entre gratitude, hypocrisie, critiques et diatribes

Car, et il faut le dire, et quoique son discours n’ait vraiment rien apporté de neuf et qu’il a été une (vaine) tentative de défendre un bilan et une action en montrant les quelques (rares) satisfactions enregistrées, les interventions des députés ont balancé entre la gratitude (l’ancien chef du groupe de Nidaa Tounès), l’hypocrisie (les Islamistes), les dures critiques (Front Populaire et autres), les critiques douces (machrou tounès), les critiques virulentes (Nidaa Tounès) jusqu’aux diatribes qui ont atteint une insoutenable violence, à la limite, intolérable et inacceptable de la part d’élus de la nation (Kotti).

Le Chef du gouvernement aurait donc mieux fait de s’épargner cette épreuve d’écouter ces discours téléguidés d’autant plus que sa situation et son statut ne pouvaient pas lui permettre de réagir à des propos dont certains ont dépassé le seuil de la décence.

Termes et vocables non respectueux

A ce sujet, et sans donner de leçon à quiconque et sans prendre la défense de Habib Essid, dont on a souhaité le départ depuis belle lurette pour son incapacité à gérer les affaires de l’Etat dans la Tunisie actuelle, partant de notre intime conviction qu’il n’était point l’homme de la situation, il est impérieux pour ceux qui parlent au nom du peuple d’éviter à l’avenir d’user de termes et de vocables non respectueux des personnes et des institutions que peuvent représenter ou incarner les personnalités qui se présentent devant eux pour quelque motif que ce soit !

Le nom du successeur d’Habib Essid dévoilé mercredi ?

Et maintenant qu’Habib Essid fait partie du passé, quoique l’homme n’a pas perdu toute ambition politique et c’était le but pour lequel il a privilégié son « congédiement » par l’ARP, il s’agit de lui trouver un successeur. Il semblerait, selon quelques indiscrétions, que le Président de la république annoncerait son nom ce mercredi.

Sur ce plan, Béji Caid Essebsi est devant un choix cornélien. Choisira-t-il, ou l’a-t-il déjà fait ?, « la » personnalité qui a des chances d’être acceptée par ses alliés, dont certains souhaitent qu’il n’appartienne pas à Nidaa Tounès (Afek et UPL) alors qu’Ennahdha ne voit pas d’inconvénient à ce qu’il le soit et que Nidaa Tounès l’exige !?

Ou bien va-t-il les surprendre en optant pour une personnalité aussi « neutre » que son prédécesseur mais acceptable pour les partis de l’Alliance ? Puis et dans quel délai cette personnalité pourra-t-elle composer son équipe ? Y parviendra-t-elle dans un délai raisonnable ?

Là, tout dépendra de sa démarche et de sa capacité à gérer les « sollicitations » des uns et des autres qui vont tendre, comme ils le font depuis qu’ils sont au pouvoir, à obtenir le plus de portefeuilles possibles.

Tenter de redresser la barre d’un pays qui part à la dérive

Dans tous les cas de figure, il est évident que cette situation ne doit pas perdurer, la gestion des affaires de l’Etat exigeant une prise en mains rapide pour tenter de redresser la barre d’un pays qui part à la dérive et de mettre en place, au moins, des prémisses de solutions pour les problèmes les plus urgents.

La rentrée politique de cette année ne s’annonce donc pas évidente du tout alors qu’elle est cruciale pour l’avenir du pays. La Tunisie et son peuple ne peuvent plus vivre avec les atermoiements, les hésitations et les choix calamiteux de ses premiers responsables, intéressés seulement et prisonniers de leurs propres intérêts, partisans voire personnels.

Le pays a besoin d’un projet fondé sur la justice et l’égalité afin de mobiliser tous les Tunisiens, toutes classes confondues. Mais, cela semble, franchement encore, du domaine de l’utopie…

L.L.

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