Fondée par Okba Ibn Nafaa, la toute première mosquée du Maghreb se trouve à Telmine, dans le sud tunisien

TelmineC’est en 670 que Okba Ibn Nafaa a fondé la ville de Kairouan. Selon une tradition citée par l’historien Al Nouairi, Okba aurait alors dit : « Je fonde ici une ville qui servira l’Islam jusqu’à la fin des temps ».

La Grande Mosquée de Kairouan

Ce sera alors la fondation de la Grande Mosquée de Kairouan, Djamaa Sidi Okba, qui est le plus ancien lieu de prière du monde musulman occidental.

Edifiée en même temps que la ville, la première mosquée a été sans doute détruite par les combattants de Koseila vers 688 et dut être rebâtie autour de 695 par Hassen Ibn Nooman.

Des Omeyyades aux Aghlabites

Agrandie par les Omeyyades, la mosquée de Kairouan fut à nouveau reconstruite en 774 par Yazid Ibn Hatem.

Ce dernier sanctuaire sera également reconstruit sous la direction des émirs aghlabites au neuvième siècle.

Depuis, le majestueux édifice connaitra de nombreux remaniements et plusieurs restaurations dont les dernières ont commencé dans les années 1970.

L’antique « moussalla » de Sidi Okba

Dans un de ses écrits, Azzeddine Beschaouch nous apprend qu’avant d’avoir créé la mosquée de Kairouan, Okba Ibn Nafaa avait créé un premier « moussalla », c’est à dire un lieu de prières, près de Telmine, dans les oasis du Nefzoua dans le sud tunisien.

Cette fondation serait ainsi la toute première mosquée en Tunisie et dans le Maghreb. D’ailleurs, les habitants de l’oasis de Telmine sont conscients de ce fait et entourent leur mosquée de la plus grande vénération.

La capitale du Nefzaoua au Moyen-Age

Telmine fut un haut lieu de l’Antiquité. En effet, il s’agit de la fameuse Turris Tamalleni. Telmine est d’abord la plus importante oasis de la région et elle occupe avec l’oasis voisine de Mansoura l’emplacement de la cité antique.

Turris Tamalleni est à rapprocher de Torra, quartier de l’oasis de Mansoura où se trouve Ain Gherig, sur les vestiges d’un barrage antique.

Torra fut la capitale du Nefzoua au Moyen-âge et la double survivance de Turris Tamalleni sous les formes de Torra et Telmine illustre cette continuité.

Les bassins romains de Telmine

Fondée avant la chute de Carthage, Telmine a une longue histoire. Le toponyme Telmine viendrait du terme berbère Tamelli qui signifierait « la blanche ».

De la ville antique qui fut un grenier et une résidence fortifiés puis une civitas romaine, il ne reste plus grand chose sinon deux bassins nommés Belaat el Hadid. Probablement construits par les Romains, ils furent rénovés par les beys husseinites en 1780.

Quant au fameux sanctuaire de Okba, il aura servi de base à l’actuelle mosquée de Telmine.

H.B.

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