Dans le golfe de Gabès, une pêche miraculeuse…

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Il est un poisson des plus appréciés que nous nommons « ouzef ». Il s’agit d’une variété de petits anchois qui entrent dans la composition de plusieurs plats traditionnels comme le barkoukech, une sorte de couscous à gros grains.

La saison de la pêche à l’ouzef

La pêche à l’ouzef est pratiquée partout dans le golfe de Gabès. Elle a lieu à des périodes fixes durant les mois de juillet et d’août.

A ces dates, les hommes se rassemblent pour la campagne de la pêche à l’ouzef, un petit poisson pas plus gros qu’une sardinelle et dont la taille ne dépasse pas six centimètres.

Au loin, une tache noire et mobile…

Cette pêche commence au bord de la mer. Des groupes de pêcheurs installent des huttes et passent des journées entières à scruter la mer, à guetter le poisson.

C’est par l’observation qu’on découvre le passage du banc de poissons. En haute mer, ces poissons forment une grosse tache noire dont les mouvements progressifs dans l’eau alertent les pêcheurs.

Aussitôt le banc repéré, les pêcheurs plongent dans la mer et nagent vers la tache noire et mobile.

Une pêche immémoriale

Chaque pêcheur a pour instrument une palme dépouillée de ses feuilles. Très vite, les pêcheurs forment un demi-cercle autour de la tache noire et se mettent à agiter leurs palmes sous l’eau.

L’objectif est de repousser les poissons effrayés vers la plage. Là, d’autres pêcheurs attendent avec leurs « kiss », des petits filets qui piègent ces poissons de couleur verte argentée.

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Des filets gorgés de poisson

Une condition essentielle toutefois: la précision dans les gestes. Car il suffit d’un faux mouvement pour que les bancs de dizaines de milliers de poissons s’éparpillent et s’échappent.

Ensuite, les filets gorgés de petits poissons sont déversés dans de gros couffins en alfa. On va alors étaler le produit de la pêche au soleil et laisser les petits poisons sécher.

barBarkoukech, chakchouka, mchalouech

Puis viendra le temps des ripailles! On mangera les petits poissons secs et croustillants dans un bon barkoukech ou bien une délicieuse chakchouka.

A moins qu’on ne se décide pour la fameuse soupe aux poissons que les sudistes nomment « mchelouech bel ouzef ». Un véritable régal!

H.B.

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