R. Meghirbi, professionnel du tourisme : « Les Russes vont nous aider à...

R. Meghirbi, professionnel du tourisme : « Les Russes vont nous aider à relever un peu la tête… »

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RAFIK MEGHIRBITunis Hebdo | Bien que les touristes russes constituent une clientèle haut de gamme, ils ne peuvent pas toutefois pallier les défaillances qu’enregistrent les autres marchés, notamment belge, hollandais, britannique ou encore luxembourgeois qui ont abandonné la destination Tunisie…

Comment se présente la saison touristique 2015-2016 ? Pas l’ombre d’un doute, de mauvais augure, et nous ne faisons pas dans la dramatisation. Ce n’est pas plus un ressentiment qu’un constat. A ce jour, les marchés français et allemand ont chuté de 75 à 80% par rapport à la même période de la saison dernière. Des statistiques qui ne trompent pas… et un recul difficile à combler même durant la haute saison.

Chute de 75 à 80% sur les marchés allemand et français !

Et le marché russe auquel tout le monde s’enthousiasme, n’est-il pas capable de pallier les pertes et sauver la saison ? Non, regrette Rafik Meghirbi, Sales Manager à DTS Tunisia : « Sauver la saison, c’est trop dire, mais les touristes russes vont nous aider à relever un peu la tête et à avoir des hôtels qui vont, en fin de compte, soit ouvrir plus tôt que prévu soit rouvrir carrément cet été, car quelques unités ont décidé de ne pas travailler cette saison. »

Depuis la visite effectuée à Djerba par près de 440 agents de voyages russes, des contingents de touristes venus du pays de Poutine ont afflué, principalement sur l’île, mais aussi sur la région Nabeul-Hammamet-Sousse. Une aubaine dont il faut savoir profiter.

A part le marché russe, le salut viendra du marché maghrébin

« Il ne faut pas oublier, se félicite notre interlocuteur, que le panier du client russe est l’un des plus hauts dans le monde. Le touriste russe dépense de l’argent sur place pour acheter des excursions et des soins Thalasso. Donc, il contribue au retour de confiance chez les hôteliers et chez les autres prestataires de service. Ils font tourner la roue en quelque sorte. »

Pour l’heure, le marché russe semble en pleine expansion comme en témoigne les contacts établis entre des TO et des hôtels, se congratule Rafik Meghirbi : « Au début, il n’y avait que le Tour Opérateur PEGAS qui avait programmé la destination Djerba. Il y a quelques jours, deux autres TO ont commencé à contacter les hôtels et à programmer Djerba, à savoir Anex et Odeon, via sa marque Coral, et peut-être d’autres comme Exim et Carthage Plus feront la même chose aussi.’’

« On peut espérer de très bons chiffres à partir de… 2023 ou 2024 ! »

Mais cette lueur d’espoir qu’entretient le secteur touristique à travers le marché russe ne doit pas cacher les grandes défaillances que nous déplorons dans les marchés traditionnels, français et allemand, notamment.

« A ce jour, on a une chute de 75 à 80% sur ces marchés, déplore notre professionnel du secteur ! Pour les autres marchés, rien n’a changé. Les chiffres sont catastrophiques et donnent des frissons dans le dos. Cette année, à part le marché russe, le salut viendra comme les autres années post-révolution du marché maghrébin. Pour le marché britannique, hollondais, belge et luxembourgeois (pour le Luxembourg,
le TO ne travaille que sur l’ile de Djerba), il est défaillant ».

« Sur les divers autres marchés, si l’on compare les chiffres enregistrés par rapport à l’année 2010, on est à moins 90% minimum. Donc, je ne sais pas pour combien de temps encore on va galérer et combler ce retard énorme. Si tout reste bon et qu’on se reprend un peu, il nous faut au moins 5 ans pour revenir aux performances de 2010. On peut espérer avoir de très bons chiffres à partir de 2023 ou 2024, ce qui est vraiment désolant. Donc, 13 ans partis dans l’air ! »

« Aux hôteliers de garantir un minimum de service, de propreté et de bonne nourriture… »

En attendant des jours meilleurs, que faut-il faire dans l’urgence ? « Je demande à tous les hôteliers, dixit l’expert, de garantir un minimum de service, de propreté et de bonne nourriture pour fidéliser les clients et leur donner envie de revenir dans notre beau pays.

C’est là la meilleure publicité que nous puissions faire. Je compte aussi sur tous les intervenants, direct et indirect (taxistes, revendeurs d’excursions, prestataires, locations de services, restaurants, agents d’aéroport, douanes, chauffeurs, guides) pour donner une belle image de la Tunisie pour faire oublier à nos hôtes tous les préjugés et les mauvaises idées reçues.’’

A bon entendeur…

Chahir CHAKROUN

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