Il était une fois un 9 avril!

Il était une fois un 9 avril!

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9 avriliAvant la révolution, le 9 avril était un jour férié comme tous les autres. Une fête, celle des martyrs du 9 avril 1938 qui faisait l’objet d’une cérémonie officielle teintée de sobriété et à laquelle les Tunisiens ne participaient pas.

Depuis 2011, le 9 avril est redevenu l’occasion de se rassembler. Cinq ans après la révolution, l’événement ne passe plus inaperçu. Le 9 avril 2012 a marqué un tournant dans la célébration de cet événement qui ne passe désormais plus inaperçu.

Il y a 4 ans, les rassemblements avaient dégénéré en une série d’agressions contre les manifestants de la part des forces de l’ordre appuyées à l’époque par les milices que l’on a désignées par la suite de « Ligues de protection de la révolution ».

Les forces de l’ordre n’avaient pas hésité à employer les gros moyens. Du gaz lacrymogène, des poursuites, des agressions, des confrontations, le tout sur fond de chants commémoratifs des martyrs du 9 avril…

Les dépassements du 9 avril 2012

Une enquête avait bien été ouverte, mais aussitôt enterrée. Sous Ali Laarayedh, à l’époque ministre de l’Intérieur de la Troika au pouvoir, les auteurs de ces dépassements et agressions n’ont jamais été officiellement dénoncés puisque la commission d’enquête, créée à cet effet, a enterré la question.

Plus même puisqu’une dizaine de membres de cette commission ont présenté leur démission dénonçant son incapacité à parvenir à la réalité des faits et son impuissance.

En septembre 2012, le même Ali Laarayedh, devenu alors chef du gouvernement annonçait que le dossier des événements du 9 avril 2012 était définitivement clos prétextant que les événements du 9 avril 2012 avaient été grossis de manière démesurée puisqu’il n’y eut aucune victime ni aucun blessé sauf un agent de l’ordre.

Où est le rapport concernant cette affaire puisqu’il n’a pas été présenté à l’opinion publique ? Elle a été négligée tout comme la gravité des incidents qui a été déniée.

Un an plus-tard, alors que la Troika était encore au pouvoir, point d’agressions ni de dépassements. Les différentes forces politiques ont défilé partout à travers le pays afin de commémorer les martyrs du 9 Avril 1938.

Mais ces manifestations, censées représenter et symboliser un peuple uni autour de son histoire, furent symptomatiques du mal qui ronge le pays. Les marches ont reproduit le reflet de ce que vivait la Tunisie, à savoir un pays divisé par les clivages politiques et tiraillé par les combats idéologiques.

Un peuple divisé !

Les LPR, les salafistes, d’un côté ; le Front populaire de l’autre. Nidaa Tounes, Al Massar et le Parti Républicain sur un front opposé, etc… Autre signe de division, les drapeaux, les plus en vue, et les plus nombreux étaient ceux des partis politiques, des salafistes, de l’UGTT et non ceux de la Tunisie.

Après la commémoration très violente et brutale de 2012, celle de 2013 fut très politisée alors que le 9 avril 1938 aurait du unifier un peuple désorienté par la révolution de 2011. Un peuple aujourd’hui désorienté par le combat politique et profondément divisé.

Comme le 9 Avril, les fêtes nationales comme celles du 20 Mars ou du 25 Juillet, sont d’ailleurs devenues l’occasion, pour les forces politiques, de parader sur l’avenue Bourguiba et verser dans des slogans hostiles à leurs opposants politiques.

Aujourd’hui, les ardeurs se sont un peu calmées, mais chaque camp reste obstiné à défendre son pré carré. Voilà ce qu’est devenue l’Avenue Habib Bourguiba, en 2016…

M.C

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