Comment Tabarka a failli devenir une possession hollandaise…

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C’est une histoire oubliée que je voudrais vous raconter aujourd’hui… Celle d’un consul des Pays-Bas arrivé en Tunisie en 1753… Celle aussi du site très convoité de l’île de Tabarka au dix-huitième siècle…

Le consul Levett à la cour de Tunis

D’origine suisse, ancien officier de l’armée, François Levett a commencé son mandat de consul des Pays-Bas à Tunis dans les fastes de la cour beylicale.

Non content d’offrir au bey quatre montres, une bague et une tabatière, toutes en or, le consul néerlandais avait aussi aligné vingt-trois chevaux de Frise, huit étalons et quinze juments.

Dans notre histoire commune avec les Pays-Bas (dont je raconte plusieurs épisodes dans mon livre « La Tulipe et le Jasmin »), Levett est resté celui qui a eu une idée très particulière en ce qui concerne l’île de Tabarka.

Une base navale pour les Pays-Bas

En effet, le consul avait pratiquement convaincu le bey de céder l’île de Tabarka aux Hollandais afin de transformer l’ancien fort génois en base navale néerlandaise.

Dans le passé, La Haye avait conçu le projet qui n’aboutira pas d’une base navale sur les côtes algériennes. Levett avait probablement cette idée à l’esprit lorsqu’il décida Ali Pacha de soumettre le bail de l’île aux autorités néerlandaises.

La principauté génoise de Tabarka

Un rappel s’impose, les Génois avaient obtenu le monopole de la pêche du corail que convoitaient également les Français. Ils avaient alors construit un fort à Tabarka sur un îlot qui n’était pas encore relié à la terre ferme.

Cette île leur avait été cédée par Charles Quint en 1542, avec un droit exclusif de pêche. Les Génois installèrent un comptoir qui avait tout d’une principauté indépendante du pouvoir de Tunis.

Ayant eu vent de tractations en vue de céder l’île à la France, Ali Pacha décida de prendre Tabarka par la force. Sous la conduite de son fils Younes, les troupes du bey démantelèrent la forteresse le 18 juin 1741.

La Haye rejette l’offre de Ali Pacha

Le consul Levett savait l’intérêt stratégique du port de Tabarka qui pouvait s’opposer à une tentative d’incursion algérienne. Son idée se défendait d’autant mieux que le dey d’Alger avait déclaré la guerre à La Haye et, qui plus est, soutenait un autre prétendant au trône de la Régence de Tunis.

Sur le papier, le projet de Levett avait toutes les chances d’aboutir. Toutefois, l’offre de Ali Pacha fut rejetée par La Haye pour diverses considérations techniques.

Le fort hollandais de Tabarka ne verra pas le jour…

On ne peut qu’imaginer aujourd’hui l’impact d’un tel dessein s’il s’était réalisé. Parlerait-on du fort hollandais de Tabarka ?

H.B.

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