Samir Ben Amor : « Certaines pratiques de l’ancienne direction du CPR ne...

Samir Ben Amor : « Certaines pratiques de l’ancienne direction du CPR ne faisaient pas l’unanimité »

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P8 Interview SamirTunis Hebdo | A la tête du comité politique provisoire du Congrès pour la République (CPR), Samir Ben Amor nous donne des nouvelles concernant l’affaire de la fusion entre son parti, le CPR, et le « Mouvement Tunisie Volonté », le parti de Moncef Marzouki.

Où en êtes-vous dans cette affaire de fusion entre le CPR et le « Mouvement Tunisie Volonté » ?

Actuellement, nous sommes dans les dernières phases de préparation du dossier juridique dans le but de porter plainte contre le secrétaire général du parti (Imed Daïmi) et les autres membres du bureau politique du CPR, qui ont rejoint, illégalement, le nouveau parti. La plainte sera probablement déposée au début de cette semaine.

Pouvez-vous nous rappeler les points sur lesquels se base votre plainte ?

Comme vous le savez, nous sommes totalement contre les décisions émanant de ce prétendu « conseil national extraordinaire », tenu le 13 février dernier. Ce conseil était illégal, d’autant plus qu’il s’est tenu dans les locaux d’un autre parti, le CPR.

Chose que nous refusons catégoriquement. Ce prétendu « conseil national extraordinaire » n’a rien à voir avec le CPR. Ses décisions ne concernent ni le CPR ni ses structures. C’est pour cela que nous allons déposer un recours à son encontre.

« Nous allons porter plainte contre
les (anciens) du bureau politique du CPR »

Où espérez-vous aller avec cette plainte ?

Nous allons suivre toutes les procédures jusqu’à la fin, en espérant – bien sûr – qu’on nous rende justice et qu’on rende surtout justice au CPR.

N’est-ce pas désolant d’en arriver là avec vos compagnons de route ?

Dans la vie partisane, les désaccords et les différends ne sont pas exclus. D’ailleurs, on voit cela dans presque tous les partis politiques en Tunisie.

Personnellement, j’estime que, malgré tout, ce qui passe au sein notre parti dénote d’un certain degré de civisme, dans le sens où lorsqu’il y a eu un désaccord, on n’a pas utilisé la force ou la violence. On a plutôt opté pour les discussions au sein des structures, puis le recours à la justice lorsque cela est devenu nécessaire.

Certes, mais les désaccords au sein d’un parti ne peuvent que nuire à son image…

Vous savez, parfois les intestins au sein du même corps se retournent sur eux-mêmes, comme le dit un adage chez nous.

Une réconciliation entre vous et le parti de Moncef Marzouki est-elle encore possible ?

Nos bras sont toujours ouverts à une réconciliation avec nos frères et amis qui faisaient partie du CPR. Nous sommes prêts à tourner la page de ce malentendu, mais à condition que les intérêts du CPR soient préservés. Il y a aujourd’hui des personnes qui sont en train d’œuvrer dans ce sens. Attendons-voir.

Pourquoi refusez-vous de rejoindre le « Mouvement Tunisie Volonté », alors qu’il est constitué en majorité d’anciens leaders du CPR ?

En ce qui me concerne, je ne rejoindrai jamais ce nouveau parti quelles que soient les raisons. Un point, c’est tout.

Les orientations politiques du CPR et du « Mouvement Tunisie Volonté » sont-elles, à ce point, divergentes ?

Le CPR et le « Mouvement Tunisie Volonté » n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Ils ne sont pas identiques.

« Aucun point commun entre le CPR
et le Mouvement Tunisie Volonté »

Mais le président du « Mouvement Tunisie Volonté » n’est autre que le président d’honneur de votre parti, à savoir Moncef Marzouki…

Le fait que Moncef Marzouki crée un nouveau parti ne veut pas dire que son nouveau parti sera à l’image de l’ancien.

Quelles sont concrètement les points de divergence entre les deux partis ?

Il y a des divergences relatives à la ligne politique et d’autres relatives à l’évaluation du bilan du CPR lors des dernières années. Il y a aussi des divergences relatives à la gestion du parti. En effet, certaines pratiques qui étaient faites par l’ancienne direction du CPR ne faisaient pas du tout l’unanimité.

D’un point de vue strictement idéologique, quelle est la différence entre le CPR et le « Mouvement Tunisie Volonté » ?

Sincèrement, je préfère ne pas discuter de cela dans les médias. Par contre, tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y a aucun point commun entre le CPR et le « Mouvement Tunisie Volonté ». Ils sont très différents, politiquement parlant.

Propos recueillis par Slim MESTIRI

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