Les étoiles blafardes de l’islamisme destourien

Manifestation à Tunis marquant le 4e anniversaire de la révolution de janvier 2011. Le prix Nobel de la Paix 2015 a été attribué au Dialogue national tunisien pour sa contribution à la transition démocratique depuis la révolution. Le Dialogue national tunisien est un quartet qui regroupe l'UGTT (premier syndicat), l'Utica (patronat), l'Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme. /Photo prise le 14 janvier 2015/REUTERS/Anis Mili

La scène politique est dominée par la gesticulation dans toute sa splendeur alors que la jeunesse s’enfonce dans le désespoir et le pays dans la crise.

Alliance de Judas et querelles byzantines

Au lieu de s’attaquer aux maux endémiques et au marasme économique, ils discutent des vertus comparées de Abdelaziz Thaalbi et Habib Bourguiba…

Au lieu de nommer un chat un chat, ils regardent ailleurs, tirent des plans sur la comète et mentent comme des arracheurs de dents…

Au lieu de réformer, ils s’entretuent et s’épuisent dans des querelles byzantines et des alliances de Judas…
Avec nos gérontes, Machiavel n’est jamais loin et la Tunisie n’est plus que le jouet de leurs ambitions infidèles, tardives, ressuscitées…

Chakchouka improbable et islamisme pluriel

Tout ce qu’ils ont trouvé pour rester au pouvoir pour les uns et y revenir pour les autres, c’est une chakchouka improbable qui conjugue les œufs cassés du Destour finissant à la ratatouille d’un islamisme pluriel qui se voit au gouvernement, dans l’opposition et aussi dans la clandestinité.

Voici le temps blafard de l’islamisme destourien. Voici l’heure étiolée des étoiles du consensus affairiste. Sommes-nous condamnés à sempiternellement subir les affres d’une révolution étouffée, le lent suicide d’une jeunesse écrasée, la mise à sac d’un pays par ses « élites » décidément insatiables ?

Une crise morale inédite

Depuis que la chèvre et le chou ont choisi de s’allier sur le dos des électeurs volés de Nidaa Tounes, une crise morale inédite est venue secouer notre lassitude, notre dégout et notre rejet de plus en plus affirmé d’une classe politique indigne.

Chez nous, ce n’est pas César que Brutus poignarde dans le dos, c’est la patrie, le rêve d’une génération qui n’a rien à faire d’une dictature crypto-islamiste, l’espoir d’un peuple plongé dans les lendemains qui déchantent…

La paix des Tartuffes

La Tunisie entre en catimini dans le règne d’une redoutable chimère, d’un mariage de raison entre affairistes, affublés des masques du Destour et de l’islam qui, au lieu de se harceler, ont choisi de fumer le calumet de la paix des Tartuffes.

Sur le dos de la morale la plus élémentaire, du premier vote démocratique de notre histoire contemporaine et de l’honneur bafoué des électeurs floués…

H.B.

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