Sélim Arjoun, une histoire d’amour entre un homme et un piano

Sélim Arjoun, une histoire d’amour entre un homme et un piano

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Selim2La Tunisie foisonne de jeunes talents qu’on aimerait bien voir un peu plus sur le devant de la scène. À vingt et un ans à peine, Selim Arjoun en fait incontestablement partie. Webdo a été à la rencontre de ce pianiste/compositeur/arrangeur et futur ingénieur du son.

Son histoire d’amour avec le piano a commencé à l’âge de 9 ans, au centre culturel russe, avec une certaine Zita. Ses parents l’ont inscrit au cours sans s’imaginer un seul instant la folle passion que cela allait déclencher.

Sélim a le coup de foudre pour ce géant sombre aux touches blanches et noires. La sensation de l’ivoire sous ses doigts crée instantanément la dépendance.

« On m’a offert mon premier piano, un an après le début de mes cours. Je ne le quittais que pour manger! Aujourd’hui encore, il m’est impossible de passer une journée sans au moins jouer quelques notes dessus. »

A quinze ans Selim écrit sa première composition. Ce sera la première d’une longue série. Pour écrire sa musique, il s’inspire des bruits du monde, de ses rêves, de sa chambre qu’il appelle affectueusement son « home studio ». Parfois une seule note déclenche le processus.

« Quand je crée, j’ai besoin d’être seul. Je ferme les yeux et imagine la musique se jouer, avant même de poser mes doigts sur le piano, ou mes notes sur le papier. Je la crée d’abord en entier dans mon imagination. »

Selim1Selim a joué aux côtés d’un grand nombre de musiciens tunisiens et étrangers, comme Anya Yermakova, Shoshi Gottessman, Sabry Mosbah ou Kimball Gallagher.

Il a également joué sa propre composition aux côtés de l’Orchestre Symphonique de Tunis.

Aujourd’hui il fait partie du groupe Moonshine, un groupe dans lequel Selim avoue avoir le sentiment d’être chez lui. Il prépare un projet electro-jazz avec Christian Lim ainsi qu’un album prévu pour 2016 avec sa sœur Noor. Il est sur tous les fronts et adore ça. Cette année, il se diplômera aussi de l’ISAAM (Institut supérieur des arts multimédia de la Manouba).

« Je veux partager ma musique avec tout le monde, partout. Je veux la jouer, je veux une grande tournée mondiale, je veux qu’on l’écoute, je veux laisser ma trace. »

Son expérience la plus marquante : « La première fois que j’ai joué ma composition devant un public, en 2014. Le Ministre de la culture est venu me féliciter en personne. »

Une anecdote avec un fan : « Une fois, pendant que je jouais, une fille a retiré son escarpin et l’a déposé sur mon piano, puis s’en est allée. Elle voulait peut-être se la jouer Cendrillon, mais elle n’est jamais venue le récupérer. »

« À la recherche du temps perdu » est la première composition publique de Sélim.

« J’ai créé cette musique pour un court-métrage, à partir d’un scénario, avant même que le film ne soit tourné. Chaque note renvoie à une action dans le film. Il y a eut une sorte d’échange d’inspiration entre la réalisatrice et moi. Elle a basé sa réalisation sur ma musique, comme je l’ai fait avec son scenario. »

Z.F

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