Petit lexique des Mrazig pour ne pas s’égarer dans le désert

Homme-dans-le-desertLes meilleurs connaisseurs du désert tunisien sont les enfants de Sabria, El Faouar et Ksar Ghilane. A leur proximité, pendant de longues années, j’ai pu composer un lexique sommaire de la géographie des dunes tunisiennes.

Le savoir ancestral des Mrazig

Au pays des Mrazig, connaitre le désert est essentiel. Bergers venus de Tripolitaine au treizième siècle, les Mrazig transhumaient dans le désert au printemps et en automne.

Les Adhara, Ghrib, Ouled Yaacoub et Sabria sont les principaux clans des Mrazig qui, parfois continuent à pratiquer le « marhoul », cette transhumance qui commence lorsque le désert se recouvre d’une maigre végétation dans les dunes.

Entre zmilet et biben

Ainsi, le mot « zmila » signifie « dune » et au pluriel, cela donne « zmilet », comme dans Zemlet el Mangaa. Le terme « Bab » désigne un lieu où l’on peut entrer et circuler entre les dunes, par exemple Bab Ercifa. Au pluriel, cela donne « biben ». En allant vers Douz à travers le désert, on emprunte les « biben » et si on les manque, on a toutes les chances de se perdre.

Entre khbel et hgif

Par opposition, le lieu-dit Errebata désigne un barrage naturel avec des veines de sable qu’on peut traverser. En ce sens, Haniet el Bedoui est le nom de virages et celui de Khbel vient de la terminologie textile et qualifie une trame. Enfin Kchem el Ramla désigne le début d’une dune.

Le terme « hgif » désigne une grotte, comme dans Hgif Ezrerga ou Hgif el Bouma. La géographie du désert est très riche et précise et chaque terme recoupe un fait naturel bien établi. Découvrons quelques un de ces termes que les Tunisiens vivant sur les marges du désert connaissent bien.

Houdh, thmida, dkhila et guelta…

Le toponyme « houdh » désigne un bassin naturel. Le terme « houdh » (pluriel « hidhan ») est ainsi très présent. On le trouve dans Houdh Abdelmlak ou encore Houidhat el Bechar. Tout comme le terme « thmida » qui signifie « flaque ».

Au pluriel, cela donne « thmeid » comme dans le lieu-dit Thmeid Aissa. On utilise aussi le terme de « guelta » qui a le même sens. On peut multiplier les exemples et citer les termes de « garaa », « chabka », « ras » ou « dkhila ».

Désert - (01) - SaharaTbig, gour, ragouba et dkanis…

Le terme « ragouba » veut dire « hauteur » tout comme celui de « dkanis ». Le mot « gour » a le même sens d’élévation topographique, comme dans Gour el Jedlen. Citons aussi « safouan », « souan » ou « swarek » qui ont le même sens.

Le mot « tbig » désigne une couche de sol. C’est une altération du terme « tabka ».

Le mot « khchem » désigne le nez de la dune, autrement dit le commencement d’une dune. El Aniguid évoque des grappes dunaires.
Enfin, Essouida qualifie un amas de pierres noires.

Masrouha et vents du désert

Pour terminer, évoquons les vents du désert. El Gharbi vient comme son nom l’indique de l’ouest. El Guebli se transforme l’été en Chhili. Quant au vent dit El Bahri, il rafraichit l’atmosphère en été et la réchauffe en hiver. Enfin, chez les gens du désert tunisien, la pluie est qualifiée de « touzria ».

Notons enfin que cette période de l’année est propice aux « masrouha », une opération qui consiste à réunir les mâles des troupeaux de dromadaires.

H.B

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