Il était une fois Sidi Ali Riahi…

Il était une fois Sidi Ali Riahi…

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Ali RiahiAli Riahi était unique au monde ! Elève au lycée Carnot, il passait son temps à rêver en classe, tout en chantant en sourdine les adwar de Sayed Dérouiche.

Entre psalmodie et malouf…

Même dans le train qui le ramenait chez lui, à la Marsa, il continuait à rêver… Ali Riahi cherchait encore sa voie lorsque Cherif Zribi lui conseilla d’assister aux soirées religieuses au mausolée de Sidi Belhassen.

Il y apprendra énormément, complétant sa formation par des cours de musique et de chant andalou chez le grand maestro Abdelaziz Jemayel.

Lorsqu’il se sentit prêt à rencontrer le public, il osa défier les habitudes. Remarquant que tous les concerts avaient pour vedettes des femmes, il eut l’idée de bouleverser l’ordre des choses en se mettant en vedette.

C’était en 1935 lorsqu’il donna un premier concert avec lui pour tête d’affiche au Palais des Sociétés françaises, l’actuelle maison Ibn Rachiq. Toutefois, le succès ne sera pas au rendez-vous.

Un homme seul en scène…

Persévérant, Ali Riahi revint à la charge en 1937 au Rossini, l’actuel cinéma Palace, et malgré le tapage publicitaire qu’il orchestra, il ne parvint pas à attirer le public.

Mais Sidi Ali n’en démordra pas et continuera ses essais jusqu’à la réussite.

En 1938, Othman Kaak invitera Riahi à rejoindre la radio qui en était encore à ses premiers balbutiements. C’est alors que sa carrière sera lancée et qu’il deviendra jusqu’à sa mort en 1970, l’incontournable artiste de la scène tunisienne.

Des chansons légères comme l’air de la Marsa…

Ne nous cachons pas la tête dans un haut parleur ! Ces années trente resteront les années Riahi. Un Sidi Ali gorgé de sève, espiègle et langoureux. Passionné, il battra en brèche le conformisme en s’érigeant vedette dans une salle de concerts, chose qu’aucun homme n’avait osé avant lui.

Aujourd’hui, bien après sa mort, nous réinventions sa gomina, sa moue et ses costumes en lamé rose bonbon. Nous dévorons ses chansons, ses mélodies, ses esquisses légères comme l’air de la Marsa, ses sortilèges nocturnes qui jettent des feux éclatants.

Un linceul d’éternité dans le rideau du Théâtre…

On le sait, les artistes hors du commun sont une fois pour toutes habillées par leur légende : par un froid matin d’hiver, Ali Riahi rejoindra la cohorte silencieuse de l’histoire après s’être taillé dans le rideau du Théâtre un linceul d’éternité…

H.B.

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