Finalement, le Nidaa, c’est du n’importe quoi !

TRIBUNE | Imed BH, enseignant

Finalement, ils se sont battus. Ils en sont venus aux mains… et même aux gourdins. Ça a chauffé à Hammamet. Il y avait deux clans.

Un clan qui soutient « je-ne-sais-pas-qui » et un clan qui soutient « je-ne-sais-pas-quoi ». Le clan des « on-ne-sais-pas-qui » est mené par « n’importe quoi », le clan des « on-ne-sais-pas-quoi » est mené par « n’importe qui ».

Difficile de dire qui est avec quoi et quoi est avec qui. Une chose est sûre, les « qui » veulent dégager les « quoi » et les « quoi » veulent dégager les « qui ». C’est tellement confus qu’on n’arrive plus à discerner qui fait quoi.

Evidemment, quand les qui et les quoi se battent sauvagement comme des ânes bâtés, les « eux » se marrent jusqu’à se taper le cul par terre de rire. Les « eux » ne se battent jamais entre eux, ils ont un gourou, un seul et unique qui comme une divinité décide de la manière dont chacun d’ »eux » respire.

Il décide même des chaussures que leurs enfants doivent porter avant d’aller à l’école. Les « eux » sont disciplinés, ils ne lèvent pas les yeux devant leur gourou, n’avalent pas leur salive sans sa permission. Les « eux » sont comme ça, sinon ils ne seraient pas eux.

Les « eux » sont heureux, c’est l’extase. Ils savaient que ça finirait par se disloquer, se démembrer, se désintégrer. Ils n’ont rien fait pour que cela arrive, mais ils ont tout fait pour être aux premières loges.

Maintenant que deux clans s’affrontent, que cela pourrait même se terminer dans le sang et le risque que les « qui » et les « quoi » s’entretuent est plus qu’élevé, les « eux » savourent une victoire qu’ils pensaient hors de portée. J’en ai rêvé, les « qui » et les « quoi » l’ont fait.

Finalement le Nidaa, c’est du n’importe quoi, un piège à loups dans lequel sont tombés pieds joints deux millions de pauvres électeurs tunisiens, qui ont déjà commencé à s’en mordre les doigts (ils en sont aux poignets à l’heure actuelle).

Non seulement le Nidaa a remis sur pied toutes les anciennes figures de l’ère Ben Ali, les dignitaires du Rassemblement et les mafieux de tous bord, il a livré sans hésitation la structure osseuse du pays à ses rongeurs infatigables que sont les « eux » et leur gourou.

Et une fois que les « qui » et les « quoi » parviendront à se départager en se neutralisant les uns les autres, le pays ne serait plus qu’une peau flasque sur laquelle pisseront à pleins jets, les « eux », leur fratrie, les Qataris et les « daouaechs » associés.

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