En 1930, le prix Goncourt a été intimement lié à la Tunisie…

Henri Fauconnier

Alors que Tunis vit au rythme d’une visite historique de l’Académie Goncourt dont plusieurs membres seront aujourd’hui accueillis par Selma Jabbès à la librairie El Kitab et Faouzi Daldoul à la librairie Clairefontaine, un regard rétrospectif permet de constater que plusieurs auteurs lauréats du prix Goncourt ont des rapports de proximité avec la Tunisie.

Qui se souvient de Henri Fauconnier, prix Goncourt 1930 ?

Sans entrer dans la chronique de ces nombreux écrivains français, il reste tentant d’évoquer ne serait-ce que l’un d’entre eux dont le prix Goncourt est intimement lié à la Tunisie.

Il s’agit de Henri Fauconnier, prix Goncourt en 1930 pour son roman « Malaisie », une œuvre entièrement écrite en Tunisie.

En effet, Henri Fauconnier (!879-1973) a vécu de longues années à Radès, dans la banlieue sud de Tunis où il s’est retiré après avoir fait fortune dans le caoutchouc en Malaisie. Son œuvre est à la confluence de plusieurs styles et semble, pour certains aspects, inspirée du « Max Haavelar » de Multatuli, une œuvre néerlandaise du dix-neuvième siècle.

A la fois autobiographie, carnet exotique, essai anthropologique et œuvre de fiction, « Malaisie » est un roman aux racines profondément humaines qui a eu son heure de gloire et continue à être lu de nos jours encore.

De « La Terrasse » au foyer Delarue-Langlois…

A Radès, Henri Fauconnier a écrit la totalité de cette œuvre qui reste son texte le plus important. Installé avec sa famille dans une grande demeure dénommée « La Terrasse », Fauconnier s’est posé à Tunis en 1925 et ne quittera sa villa radésienne qu’en 1939, inquiet des visées de Mussolini sur la Tunisie dont le Duce italien voulait affirmer la latinité en l’occupant s’il le fallait.

Au départ de Fauconnier, « La Terrasse » sera rachetée par le couple Delarue-Langlois qui léguera cette demeure pour qu’on y installe une maison d’accueil. C’est ainsi qu’en 1944, à la mort de Delarue, sera créé le foyer familial Delarue-Langlois qui, de nos jours encore, continue à héberger des personnes âgées à Radès.

Telle est donc la chronique de Henri Fauconnier et de sa demeure en Tunisie dans le cadre de laquelle il écrivit « Malaisie », prix Goncourt en 1930.

Une anecdote pour terminer: Geneviève Fauconnier, sœur de Henri Fauconnier, a pour sa part obtenu le prix Fémina en 1933. Cela fait des Fauconnier les seuls frère et sœur à avoir obtenu et le Fémina et le Goncourt, un fait unique dans les annales des lettres françaises.

Hatem Bourial

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