Fethi Mouldi : « Slim Chiboub pourra être remis en état de liberté provisoire le 18 janvier 2016 sans aucune contrepartie financière »

ChiboubLa chambre d’accusation auprès de la cour d’appel de Tunis a rejeté, le 15 septembre dernier, une nouvelle demande de mise en liberté de Slim Chiboub, gendre de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali. Suite au rejet de cette demande, Slim Chiboub s’est exprimé à travers un de ses avocats, Maître Fethi Mouldi, annonçant notamment qu’il était prêt à transférer en faveur du Trésor public la somme de 10 millions de dinars, actuellement en dépôt sur son compte bancaire en Suisse.

Une sorte de garantie aux autorités tunisiennes afin de bénéficier d’une liberté provisoire et de voir sa femme et ses enfants. Qu’en est-il de cette histoire ? Nous avons contacté Maître Fethi Mouldi pour plus de précisions… L’affaire ne semble être qu’à son début !

Selon Me Fethi Mouldi, c’est une affaire financière : « Slim Chiboub est en état de liberté dans 12 affaires. La seule pour laquelle il se trouve en état d’arrestation, consiste en une affaire (la société d’électricité de Radès) entre une société tunisienne et une autre étrangère et dans laquelle Slim Chiboub est accusé d’avoir perçu une commission« .

Slim Chiboub prêt à payer 10 milliards

Fethi Mouldi nous rapporte les dires de Slim Chiboub :

[pull_quote_center]Je n’ai pas tué, je n’ai pas volé, je n’ai pas spolié… J’ai accepté le principe qui consistait à revenir en Tunisie pour être jugé… Et je suis le premier de la liste des 114 qui ait accepté de revenir en Tunisie… Je pensais que j’allais rester en état de liberté… A mon retour, j’ai trouvé cette affaire… On m’accuse d’avoir perçu 2,5 millions de dinars, je me suis donc soumis à des options comme celle de mettre en dépôt de garantie au Trésor public la somme 2,5 milliards (de millimes)… La seconde option est de transférer l’équivalent de 10 millions de dinars de mon compte suisse vers le Trésor public tunisien… A cela, il faut ajouter que je suis interdit de voyage et que tous mes biens et mes comptes sont saisis… Aujourd’hui, je demande à être remis en liberté provisoire ![/pull_quote_center]

Fethi Mouldi : « Des choses bizarres se sont passées au niveau de la procédure »

Pour Maître Fethi Mouldi, cette affaire, à la base, financière, serait devenue juridico-politique. « On s’interroge sincèrement, nous les avocats de Slim Chiboub, qui pensions que c’était juste un dossier judiciaire. Mais en peu de temps, des choses bizarres se sont passées au niveau de la procédure« , affirme l’avocat.

Dans cette affaire, le juge d’instruction avait ordonné la mise en liberté provisoire de l’accusé, mais à sa grande surprise et celle de ses avocats, celle-ci a été refusée. « Le parquet a fait appel et la Chambre d’accusation a cassé la décision de la mise en liberté, à notre grande surprise, et donc Slim Chiboub a du rester en état de détention« , explique son avocat.

[pull_quote_center] »Il faut savoir que 2,5 millions de dinars (dépôt de garantie) ce n’est pas une somme dérisoire… Nous avons mis un mois pour récolter cette somme grâce à des amis de Slim Chiboub, car lui, n’a plus d’argent », tient à préciser Maître Fethi Mouldi.[/pull_quote_center]

Slim Chiboub, libéré le 18 janvier 2016

Le nouvel élément qu’apporte Me Fethi Mouldi, c’est que Slim Chiboub, qui a passé maintenant 10 mois en détention (depuis le jour de son arrestation à son arrivée en Tunisie le 18 novembre 2014), sera légalement remis en état de liberté provisoire au bout de 14 mois de détention, c’est-à-dire le 18 janvier 2016 sans aucune contrepartie financière, tient à préciser l’avocat.

[pull_quote_center] »Reste que ceux qui bloquent cette libération provisoire privent le Trésor public d’une entrée d’argent. D’ailleurs, on s’interroge du fait qu’en peu de temps il y a eu des choses bizarres au niveau de la procédure, comme la désignation du président de la Chambre d’accusation, comme les délais parfois réduits à 24 heures et parfois allongés de 20 jours. En effet, notre demande de libération provisoire avait été déposée le 14 juillet et la décision rendue le lendemain, le 15 juillet 2015. Le 25 août, une autre demande a été déposée et l’affaire n’a été jugée que le 15 septembre, à chaque fois avec le même président de chambre… Je préfère m’arrêter là parce qu’il y a de nombreuses bizarreries », affirme Me Mouldi.[/pull_quote_center]

« On bloque la libération de Slim Chiboub », selon Fethi Mouldi

[pull_quote_center] »Avec toutes ces interrogations, on se demande même s’il y a quelqu’un derrière tout ça, qui bloquerait la libération de Slim Chiboub. Sa femme se porte un peu mal, son fils traverse une dépression, etc. On se demande vraiment qui s’acharne contre notre client et apparemment c’est une affaire personnelle », tient à ajouter l’avocat.[/pull_quote_center]

Slim Chiboub ne cesse d’ailleurs de répéter à ces avocats, selon les dires de Me Fethi Mouldi, qu’il n’a jamais tué et qu’il est juste accusé dans une affaire financière :

[pull_quote_center]Des personnes qui ont tué, volé et spolié avant le 14 janvier 2011, je les vois aujourd’hui sur la scène publique, passer à la télévision, occuper des postes à responsabilités… Des personnes qui se sont refaites une nouvelle virginité.[/pull_quote_center]

Pour conclure, Me Fethi Mouldi affirme que le comité de défense de Slim Chiboub, « qui n’a jamais médiatisé l’affaire jusqu’à maintenant, estime que des anomalies, des bizarreries et des vices de procédures existent dans cette affaire, et ce, malgré « tout le respect que nous portons envers la justice tunisienne et nous continuerons à avoir« .

« Nous allons nous réunir en début de semaine pour étudier une stratégie à adopter et nous allons peut-être organiser une conférence de presse pour faire la lumière sur cette affaire« , indique l’avocat, précisant que légalement, Slim Chiboub peut encorefaire une autre demande de libération provisoire, le 15 octobre prochain.

Rappel

La chambre d’accusation auprès de la cour d’appel de Tunis a rejeté le 15 septembre 2015, la demande de mise en liberté de Slim Chiboub, accusé d’abus de pouvoir dans le cadre de l’affaire de la société d’électricité de Radès. Rappelons également que la chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis avait déjà rejeté le 15 juillet dernier, la demande de libération de Slim Chiboub, dans cette même affaire.

Le juge d’instruction du pôle judiciaire et financier avait émis, le 9 mars dernier, un jugement en faveur de la libération conditionnelle de Slim Chiboub, gendre de Ben Ali et ancien président de l’Espérance Sportive de Tunis contre un dépôt de garantie d’un million de dinars mais le procureur de la République du tribunal de première instance de Tunis a interjeté appel de la libération de Slim Chiboub.

Slim Chiboub est revenu en Tunisie, le 18 novembre dernier d’Abou Dhabi où il était en exil depuis janvier 2011 afin de se confronter à la justice et faire appel des jugements prononcés à son encontre par contumace, avait-il annoncé quelques jours auparavant.

A son arrivée à Tunis, il a comparu devant la Chambre criminelle n°5 du Tribunal de première instance de Tunis pour faire opposition à deux jugements prononcés contre lui. Or, il s’est avéré qu’il était poursuivi dans d’autres affaires dont celle de blanchiment d’argent. Un mandat de dépôt et une interdiction de voyager ont été émis contre lui et il a été emprisonné à la prison de Mornaguia.

Réconciliation ?!

Un projet de loi relatif à la réconciliation a été proposé par le président de la République Béji Caïd Essebsi lors d’un conseil ministériel qui a eu lieu au palais de Carthage mardi 14 juillet, mais ne viserait pas les membres de la famille de Ben Ali avait annoncé mercredi 15 juillet Béji Caïd Essebsi.

Par ailleurs, inculpé dans de nombreuses affaires, Slim Chiboub semble bénéficier d’un bon nombre de soutiens. C’est en tout cas ce qu’on peut constater à travers les campagnes de soutien sur les réseaux sociaux (Free Chiboub et autres). Des pages, une multitude (#FreeChiboub), appellent à sa libération et le soutiennent via des messages et des photos.

M.C.

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