Tunisie : 100 mosquées refusent de se soumettre à l’Etat

Tunisie : 100 mosquées refusent de se soumettre à l’Etat

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FADHEL-ACHOURLe secrétaire général du syndicat des cadres et agents des mosquées, Fadhel Achour a dénoncé au micro de Mosaïque FM, ce mercredi 1er juillet 2015, de nombreux dépassements passés sous silence par les autorités au niveau de ce qui se passe dans les mosquées.

L’Etat n’a pas su ou n’a pas pu faire appliquer la loi. Depuis 2011, 190 mosquées ont été construites, toutes sans autorisations et seules 90 d’entre elles ont déposé leurs dossiers dernièrement afin de régulariser leur situation. Le nombre est effarant. Les 100 restantes refusent de se soumettre à l’autorité de l’Etat et sont hors la loi.

80 de ces mosquées diffusent des discours takfiristes qui incitent à la violence, y compris contre les forces de l’ordre et qui appellent au Jihad. Derrière ces mosquées, disséminées à travers tout le pays, il y a diverses associations, des partis politiques et des groupes extrémistes. et les financements sont louches.

Ces « associations » ont même réussi à infiltrer des mosquées qui étaient sous la tutelle de l’Etat, virant les Imams nommés par le ministère des affaires religieuses et mettant les leurs à leur place. L’exemple le plus frappant est celui de la mosquée Ezzitouna où l’imam appelait carrément à la guerre contre les forces de l’ordre et qui jusqu’à ce jour n’a pas été inquiété.

Ces « mosquées » ne devraient même être appelées ainsi puisque légalement, elles n’ont pas de statut. Des dizaines d’entre elles ont même une qibla qui est fausse . Les gens ne prient même pas dans la bonne direction.

Le ministère des affaires religieuses était forcément complice et même si le ministre a changé, il a les mains liées cat il n’a pas réussi à se débarrasser des restes de Noureddine Khadmi.

Il faut savoir que le ministère des affaires religieuses comptait 40 employés et qu’ils sont passés à 600 aujourd’hui. Un poste qui nécessite une seule personne sera occupé par 4. Le gaspillage de l’argent public est énorme.

Mehdi Jomaâ avait promis de mettre fin à ces agissements en 90 jours mais il n’a pas tenu ses promesses. A la fin de son mandat, il y a même eu un rapport complètement erroné disant qu’une seule mosquée était hors contrôle.

« Il a fallu le silence complice de plusieurs parties pour que ces mosquées illégales voient le jour. Ces gens appellent au jihad à aller en Syrie et ne sont absolument pas inquiétés. 40 mosquées servaient carrément de dépôt d’armes.
Il faudrait fermer ces mosquées bien sûr mais il faudrait commencer par arrêter les imams qui y officient. S’ils étaient arrêtés ils pourraient dévoiler tout le réseau qu’il y a derrière et on pourrait savoir qui les finance, les inspire et les protège ».

Malgré les promesses de l’Etat rien ne bouge. Incompétence ou mauvaise volonté ?
Même les imams qui ont été délogés de force et qui se sont plaints au ministère des affaires religieuses se sont trouvés exilés voire même accusés et condamnés au lieu de victimes.

Pour Fadhel Achour, le ministère des affaires religieuses n’est pas compétent et est incapable de donner des informations exactes aux ministères de l’intérieur et de la justice afin qu’ils puissent intervenir.

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