Attentat de Sousse : Le témoignage qui accable les forces de l’ordre

Attentat de Sousse : Le témoignage qui accable les forces de l’ordre

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Mehdi Jemmali, travaille à la base nautique adjacente à l’hôtel Imperial Marhaba où le massacre du 26 juin 2015 a eu lieu. Il était là pendant tout le déroulement de l’attentat meurtrier qui a fait 39 morts et 39 blessés.

Il a raconté à notre caméra ce qu’il a vu et entendu. Et ce qui en ressort, c’est l’incroyable laps de temps qu’il a fallu aux forces de l’ordre pour intervenir alors qu’ils avaient été prévenus tout de suite et le courage de ces civils qui ont essayé de stopper un terroriste armé d’une kalachnikov avec des cailloux et des bouts de faïence.

Ça a commencé à 11h36 minutes exactement. J’étais à la base nautique avec un client qui faisait du jet ski quand j’ai entendu les coups de feu. Je me suis précipité vers l’hôtel et suis arrivé au moment où le terroriste remontait vers la piscine.

Au même moment, deux agents de la garde nationale sont arrivés. L’attaque n’avait commencé que depuis 3 minutes max. Le problème, c’est que les agents avaient peur. Ils ne voulaient pas aller affronter le terroriste. On a réussi à en convaincre un de venir avec nous à l’intérieur de l’hôtel mais il a refusé d’utiliser son arme parce qu’il n’avait pas de gilet pare-balles.

Un des employés de l’hôtel a alors pris l’arme et s’est dirigé vers le terroriste. Mais ne sachant pas l’utiliser, il l’a enrayée. Entre temps, le tireur, est reparti vers la plage après être passé par la piscine, la piscine couverte et la réception avec nous à ses trousses mais à distance.

Puis, je l’ai vu parler au portier et j’ai compris qu’il ne tirerait pas sur les Tunisiens. J’ai décidé à ce moment là de le poursuivre pour l’arrêter. Je l’ai vu jeter son téléphone à la mer. Quand il s’est rendu compte que je le suivais toujours, il s’est retourné vers moi et m’a dit que ce qui se passait ne me regardait pas et que je devais m’en aller.

Je lui ai répondu que ça me regardait, qu’il foutait en l’air mon gagne-pain. Il est parti en courant, j’ai fait une prière et je l’ai coursé. il est remonté jusqu’à la rue où d’un immeuble en construction, un ouvrier du chantier lui a balancé des morceaux de faïence.

Le terroriste a mis son dernier chargeur dans son arme, l’a vidé contre le mur et a continué à courir.  Je courais derrière lui en criant qu’il n’avait plus de munitions. Les forces de l’ordre sont arrivées à ce moment là et l’ont abattu. c’est le seul moment où les forces de l’ordre sont intervenues.

Les civils qui ont couru derrière Seifeddine Rezgui, lui balançant des cailloux, n’avaient pourtant ni armes, ni gilet pare-balles. Ils avaient juste du courage. Malheureusement, le courage à lui tout seul n’a pas réussi à sauver les 39 vies fauchées sur cette plage de Sousse, ce terrible matin de juin.

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