Abdelfattah Mourou : « La politique de Rached Ghannouchi a changé… »

Abdelfattah Mourou : « La politique de Rached Ghannouchi a changé… »

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Mourou
Abdelfattah Mourou
En pleins préparatifs du prochain congrès d’Ennahdha – annoncé pour la fin de l’été -, Abdelfattah Mourou, vice-président du mouvement nous parle de cet évènement et de l’actualité de son parti.

Est-ce vrai qu’Ennahdha compte changer de nom lors de son prochain congrès ?

Non. C’était juste une proposition faite par le professeur Rached Ghannouchi, mais qui a été démentie, par la suite, par le secrétaire général du parti, M. Ali Laarayedh.

En parlant de Rached Ghannouchi, va-t-il rester à la tête du parti après le congrès ?

Il est encore tôt pour parler de ça. Ce qui va se passer dans ce congrès, comme tout autre congrès d’ailleurs, c’est la présentation du rapport moral et financier, la discussion de la phase actuelle et des changements qui pourraient éventuellement avoir lieu au sein du mouvement. On verra, dans ce même cadre, si le leadership actuel sera reconduit ou renouvelé.

Pour ce qui est du professeur Rached Ghannouchi, il est le président du mouvement depuis 40 ans et réunit autour de lui un large consensus. Mais la nouvelle phase que nous traversons est ouverte à toutes les possibilités. De ce fait, Rached Ghannouchi pourrait continuer, comme il pourrait ne pas le faire. Rien n’est encore fixé. Tout dépondra de sa disposition.

Ennahdha peut-elle vraiment vivre sans son leader historique ?

Où est le problème ? Chaque période a ses hommes. Quand il faudra le remplacer, on le remplacera, sans avoir de craintes pour la période actuelle. L’appareil ne doit pas s’arrêter à cause du départ d’un seul homme. Cela serait vraiment très grave. Je ne veux pas être compris comme étant en train de demander son remplacement. Mais, je dis juste que cette possibilité est envisageable, c’est tout.

Il y a deux ans, vous avez demandé, dans les colonnes du magazine français «Marianne», à Rached Ghannouchi de quitter Ennahdha, car «il menait le parti et le pays au désastre». Votre position vis-à-vis de lui est-elle toujours la même, aujourd’hui ?

J’ai dit cela à l’époque, car sa politique était conflictuelle. Mais vu que sa politique a changé depuis, en devenant plus axée sur le dialogue et la concorde, soit tout ce que j’avais demandé à l’époque, je ne vois pas pourquoi ma position envers lui resterait la même.

Beaucoup de vos sympathisants perçoivent cette politique de «dialogue» et de «concorde» comme étant une forme de soumission…

Il y a, certes, ceux qui perçoivent cela comme ça, mais il y a aussi ceux qui perçoivent cette politique autrement. De plus, quand on parle de soumission, cela veut dire qu’on est soumis à un dictateur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Un commentaire sur le Front de la défense des libertés, la nouvelle initiative de Hamadi Jebali ?

Que Dieu soit avec lui. Le travail qu’il fait est en faveur de la Nation. Et nous le remercions pour cela.

Y a-t-il des tentatives pour le faire revenir au parti ?

D’abord, ce n’est pas le parti qui l’a fait sortir. Sinon, les portes d’Ennhdha lui sont toujours ouvertes.

Avez-vous des ambitions personnelles pour présider Ennahdha ?

Non. J’estime que j’ai fais mon temps. Mon âge ne me permet plus d’assumer un tel poste. Je suis plutôt en faveur du renouvellement du leadership et de la base du parti.

Propos recueillis par Slim MESTIRI

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