Police : De la parallèle islamiste à la parallèle Benaliste ?

Police : De la parallèle islamiste à la parallèle Benaliste ?

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Ali Seriati - Page facebook Ali Seriati
Photo : Page facebook Ali Seriati

Pas mal de choses ont lieu ces derniers temps du côté du ministère de l’Intérieur, c’est tout un branle-bas qui s’y opère, mais sans trop de fracas et sans éveiller, outre mesure, les ardeurs des opposants et des composantes agissantes de la société civile.

Trois signes évidents que la « transition » vécue par ce ministère va dans le sens du rétablissement, voire de la réhabilitation de l’ancien système sécuritaire, sans que la frontière entre l’invulnérabilité des forces de sécurités et les libertés citoyennes ne soit clairement tracée.

Trois signes qui correspondent à des mea culpa significatifs quant à la volonté de retrouver le bon vieil appareil sécuritaire d’antan.

Le premier mea culpa réside implicitement dans la loi dite « de la répression des atteintes aux forces armées », qui selon, notamment, Néji Bghouri, secrétaire général du syndicat des journalistes Tunisiens va encore plus loin que la loi antiterroriste instituée par Ben Ali. Il y voit également « un retour à l’Etat policier ».

Le second mea culpa celui de Rafik Chelly, secrétaire d’État chargé de la Sûreté, qui a estimé, lors de la clôture d’un workshop organisé par le ministère de l’Intérieur le 20 avril, que la décision relative à la dissolution de l’appareil de sécurité d’État, prise au lendemain de la révolution du 14 janvier 2011, était un acte « criminel et improvisé ».

Une déclaration qui répond à l’appel de sécuritaires notamment des syndicalistes, à l’instar de Fatma Ourtani, secrétaire générale adjointe du syndicat du district de Tunis, qui réclame purement et simplement « la restauration de l’appareil de sécurité de l’Etat », demandant dans la foulée à Farhat Rajhi, ex-ministre de l’Intérieur, sous Mohamed Ghannouchi, de « s’excuser pour les deux cents sécuritaires qui ont été congédiés et humiliés professionnellement » lors de son passage au département.

Troisième mea culpa : la réhabilitation solennelle, publique (et carrément officieuse) de décideurs sécuritaires du temps de Ben Ali, ceux-là mêmes à qui on avait reproché d’avoir tenté de mater la révolution et d’avoir d’une manière ou d’une autre réprimé les manifestations.

Ces derniers, tels Ali Sériati et Adel Tiouri, l’un ancien chef de la sécurité de Ben Ali, l’autre ancien directeur général de la sûreté nationale, ont été même placés à la tête d’un « Comité de sages » consultatif ayant des prérogatives sécuritaires.

Une initiative des syndicats de la sûreté dont on ne sait si elle est légale ou pas, personne n’ayant tenté de confirmer ou d’infirmer une telle démarche. D’ailleurs, Sériati et Touiri auraient « démissionné » de cette instance pour des « raisons personnelles » alors que Samir Sériati a démenti cette information sur sa page Facebook.

Moralité : les sécuritaires « lésés » à l’époque du mouvement d’El Kasbah 2, puis avec l’entrée fracassante des islamistes et leurs alliés au pouvoir, vont-ils maintenant prendre leur revanche en restaurant un système qui place leurs intérêts (confondus avec les intérêts de la nation) au-dessus de toute autre considération de liberté ?

Le terrorisme, cette amère réalité qui est venue se greffer sur notre quotidien, n’a-t-il fait et ne fera-t-il que consolider cette supériorité et cette marge de manœuvre presque absolue, tant recherchée par les sécuritaires ?

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