Jean-Louis Cohen à Tunis : « Modernité dans l’architecture : promesse ou menace ? »

Jean-Louis Cohen à Tunis : « Modernité dans l’architecture : promesse ou menace ? »

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Jean-Louis Cohen Photo : Elodie Potente |WEBDO.tn
Jean-Louis Cohen Photo : Elodie Potente |WEBDO.tn

Jean-Louis Cohen est un historien de l’architecture et de l’urbanisme du vingtième siècle. +Grand prix du livre de l’Académie d’architecture à Paris en 1996. +Chevalier des Arts et Lettres. +Prix de théorie de l’architecture de la Fondations Schelling en 2010.

 

A la bibliothèque nationale, ce vendredi 10 avril 2015, a eu lieu une conférence sur l’architecture du XXème siècle en France. Modérée par un architecte tunisien Kadhem Mankai et en présence d’un spécialiste de la question le professeur Jean-Louis Cohen, les amoureux et passionnés d’architecture ont pu comprendre l’enjeu de la problématique « La modernité : promesse ou menace ? ».

La salle était à moitié pleine. Une majorité d’étudiants, doctorants et professeurs en architecture étaient présents.

Organisée par l’Institut Français de Tunisie, cette conférence a eu pour but de confronter la modernité architecturale avec les risques qu’elle comporte. Difficile pour un non passionné de comprendre et entendre tous les enjeux de cette thématique.

Elle faisait suite à une première intervention dans la matinée sur le thème « Achitecture en uniforme : projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale » à l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis.

Les références se sont succédé: Lagrange, Prouvé, Le Corbusier. Autant d’architectes qui ont dessiné le paysage des villes françaises et qui ont exporté leurs idées ailleurs.

Drancy, cité condamnée

Jean-Louis Cohen évoque le béton qui a été utilisé comme matériaux partout dans le monde. Le béton qui sera aussi le début des « grands ensemble », « villes dortoirs » ou « cités ». Une modernité qui s’est heurtée à la menace de l’isolement de ces banlieues.

Pour exemple, il cite le grand ensemble de Drancy, dans la banlieue de Paris, qui est devenu un camp de concentration sous l’occupation nazie.

Par son caractère anti-urbain, son isolement, cette cité a eu un destin tragique. Personne n’est allé l’habiter, elle a été boycotté. Les gendarmes étaient là, il était facile de la transformer en camp. Je ne veux pas dire par là que tous les grands ensemble étaient des camps de concentration en puissance, mais que l’idée de la construction d’une grande cité autonome en périphérie de la ville peut avoir des conséquences. 

Promesse pour les habitants

Les nouveaux habitants de ces cités dans les années 50 parlent de « blocs qui écrasent ». Pourtant ils attendaient beaucoup de ces nouvelles habitations.

Pas besoin d’avoir une grande connaissance en architecture pour s’apercevoir que Jean-Louis Cohen pose ici une vrai problématique : La modernité mais à quel prix ?

Elodie Potente

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