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Najem Gharsalli : « Il y a une nouvelle stratégie de lutte contre le terrorisme »

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Najem Gharsalli a été choisi pour être par le chef du gouvernement Habib Essid, lui-même ayant était au cabinet du MI sous Ben Ali. 

Il a été nommé en 2011 par l’ancien président de la République par intérim, Fouad Mbazaa en tant que gouverneur de Mahdia. Agé de 54 ans, il a été juge durant 26 ans et a notamment occupé le poste de président du tribunal de première instance de Kasserine pendant 5 ans. Selon l’ex-présidente de l’Association des Magistrats Tunisiens Kalthoum Kannou  la nomination de Najem Gharsalli a été le pire choix que pouvait faire Habib Essid », écrit-elle, précisant que Najem Gharsalli « a joué un rôle sous la dictature dans le harcèlement des juges honnêtes ».

Tunis | « Il y a une nouvelle stratégie pour la lutte contre le terrorisme et elle sera bientôt annoncée dans une conférence de presse, avec les détails de la stratégie et la nouvelle manière de travail », a déclaré le ministre le l’Intérieur Najem Gharsalli dans un entretien au journal arabophone Assarih, ce vendredi 10 avril.

« Les menaces continuent, avant et surtout après l’opération réussie de Sidi Yaich« , a-t-il ajouté en faisant référence aux neuf membres du groupe terroriste Oqba Ibn Nafâa qui ont été abattus le 28 mars dernier.

Le lendemain de l’opération, le chef du gouvernement Habib Essid avait confirmé la mort du chef de la Katiba, Khaled Chaib alias Lokmane Abou Sakhrb.

« Nous avons mis en échec plusieurs plans », affirme M. Gharssali.

Nous avons aussi réussi à démanteler plusieurs cellules dormantes et ceci est très important. Nous veillons jour et nuit pour sauvegarder la stabilité et la sécurité de notre pays.

La menace terroriste

400 cellules terroristes dormantes existeraient en Tunisie a affirmé Mazen Cherif, un expert dans les affaires sécuritaires et militaires lors d’un séminaire au mois de février à Tunis, organisé par le Centre tunisien pour les Etudes de sécurité globale dont le président n’est autre que le Colonel Major Mokhtar Ben Nasr, ancien porte-parole du ministère de la Défense.

500 djihadistes tunisiens de Daech sont revenus en Tunisie et 10.000 Tunisiens ont été, en outre, empêchés de quitter le territoire tunisien pour aller en Syrie et en Irak selon les autorités tunisiennes contre 3000 autres qui se sont engagés avec les organisations terroristes.

Plusieurs attaques contre des militaires ou des agents de la Garde nationale ont eu lieu depuis 2012, notamment dans la région de Kasserine, coûtant la vie à des dizaines de personnes.

L’attaque au musée du Bardo, le 18 mars dernier, a marqué un revirement dans ces opérations terroristes puisque pour la première fois depuis la révolution, ce sont des civils qui ont été tués.

Le lendemain du drame, l’officine médiatique de l’Etat islamique en Tunisie a revendiqué dans un enregistrement audio l’attaque.

 Les menaces terroristes ne cessent de s’intensifier, surtout après l’embuscade, du 7 avril, au mont Mghila qui a coûté la vie à cinq militaires, dont deux tués par balles et trois suite à l’explosion d’une mine.

Le jour de la fête des martyrs, l’officine Ifrik de l’EI a continué ses menaces lançant un message de défi : »Nous sommes parmi vous »,  avec une photo où on voit l’horloge qui se trouve dans l’artère principale de Tunis, juste à côté du ministère de l’Intérieur.

Le terroristes tunisiens étaient bien en Tunisie, avant la Révolution

Avant la révolution, deux attentats terroristes ont eu lieu en Tunisie, notamment celui d’Al Qaida contre la synagogue Ghriba où 19 personnes ont été tuées en avril 2002, et la Fusillade de Soliman du groupe Assad Ibn Fourat. A cause de la censure et le blackout médiatique avant la révolution, les Tunisiens étaient très peu informés sur le phénomène terroriste et ces attentats.

Après l’attentat du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la Tunisie a voté une loi le 10 Décembre 2003 relative au soutien des efforts internationaux de lutte contre le terrorisme et à la répression du blanchiment d’argent.

Des milliers d’arrestations de salafistes ont eu lieu par la suite, selon l’avocate Ines Harrath. Le nombre de ceux qui sont partis dans les zones de conflit, pour le « djihad terroriste » avant 2011, reste indéterminé.

Depuis la mise en place du nouveau gouvernement Essid au début de l’année 2015, les discussions et conférences pour la révision de la loi antiterroristes sont devenus récurrents. D’après Sahbi Jouini, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats de la sûreté, il est important de réviser cette loi, jugée inique selon lui. 

Bientôt, ça sera au parlement d’adopter la nouvelle loi, après avoir débattu avec les acteurs de la société civile et les sécuritaires.

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