Devant l’ambassade d’Egypte à Tunis, des Tunisiens manifestent suite au meurtre de...

Devant l’ambassade d’Egypte à Tunis, des Tunisiens manifestent suite au meurtre de Chaima Sabbagh

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Manifestants devant l'ambassade d'Egypte à Tunis Caroline MALCZUK| Webdo.tn
Manifestants devant l’ambassade d’Egypte à Tunis Caroline MALCZUK| Webdo.tn

Tunis | Près d’une centaine de manifestants se sont réunis devant l’ambassade d’Egypte, ce jeudi 29 janvier après-midi, en réaction à l’assassinat de l’activiste égyptienne Chaima Sabbagh samedi dernier, au Caire.

Colère et indignation

Banderoles et dessins représentant Chaima Sabbagh en main, scandant « A bas le régime militaire » ou « Tant que le sang arabe n’a pas de valeur, à bas tout président », ils étaient près d’une centaine de manifestants à s’être réunis devant l’ambassade d’Egypte, à l’avenue Mohamed V.

Manifestants devant l'ambassade d'Egypte à Tunis Caroline MALCZUK| Webdo.tn
Manifestants devant l’ambassade d’Egypte à Tunis Caroline MALCZUK| Webdo.tn

Beaucoup de colère et d’indignation ont fait suite à l’assassinat de la militante et secrétaire générale du parti de coalition populaire d’Egypte samedi, au Caire. Elle a été tuée par un tir de chevrotine des forces de l’ordre égyptienne, alors qu’elle commémorait les quatre ans de la révolution égyptienne place Tahrir. Il en aura été de même pour une quinzaine d’autres personnes en marge des manifestations.

Manifestants devant l'ambassade d'Egypte à Tunis Mohamed Ali Sghaier | WEBDO.tn
Manifestants devant l’ambassade d’Egypte à Tunis Mohamed Ali Sghaier | WEBDO.tn

En réaction, un évènement intitulé « Nous sommes tous Chaima Sabbagh » avait été créé sur Facebook par des citoyens tunisiens, pour manifester leur soutien aux égyptiens victimes du régime militaire, devant l’ambassade d’Egypte de Tunis ce jeudi.

« C’est un devoir de réagir »

Un groupe d’étudiants de l’université de sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis était présent.

« On est venu pour dénoncer l’agression, on doit se mobiliser pour le peuple égyptien. On croyait qu’après la révolution, cela allait changer. C’est un devoir de réagir. Comme eux, on aspire à la liberté ! » témoigne Saida Lagha, l’une d’elle.

« On est contre le gouvernement militaire instauré en Égypte. C’est un viol des droits de l’homme. Normalement, après la révolution, on s’attend à une certaine paix« , confie, indignée, Molka.

Manifestants devant l’ambassade d’Egypte à Tunis Mohamed Ali Sghaier | WEBDO.tn
Manifestants devant l’ambassade d’Egypte à Tunis Mohamed Ali Sghaier | WEBDO.tn
« La révolution n’est pas achevée »

Dali, également étudiant, fait le parallèle entre l’Egypte et la Tunisie :

Le fait qu’il y ait encore du sang qui coule dans les pays arabes m’a fait venir. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de nation arabe ! On se sent menacés. Pour moi, nous vivons encore sous une dictature cachée en Tunisie. La révolution n’est pas achevée. Nous la vivons encore, elle est encore en marche. On doit résister, on ne peut pas rien faire.

Rassemblement en hommage à Chaima Sabbagh à Tunis
Rassemblement en hommage à Chaima Sabbagh devant l’ambassade d’Egypte à Tunis / Crédit : Mohamed Ali Sghaier | Webdo.tn
« Elle participait à une manifestation pacifique ! »

Hamadi, un retraité de 56 ans, est aussi venu avec des amis pour manifester.

Pour nous c’est primordial de dénoncer un régime de dictature militaire. Ils ont assassiné une démocrate. Elle portait seulement une banderole et  participait à une manifestation pacifique ! C’est notre devoir d’être solidaire avec le peuple égyptien. On ne peut pas laisser cela sous silence.

Rassemblement en hommage à Chaima Sabbagh à Tunis
Rassemblement en hommage à Chaima Sabbagh devant l’ambassade d’Egypte à Tunis / Crédit : Mohamed Ali Sghaier | Webdo.tn
Le gouvernement égyptien nie

Le gouvernement égyptien continue de démentir que la police a ouvert le feu sur la jeune femme. « Aucune arme qu’il s’agisse de fusils à chevrotines ou à balles de caoutchouc n’a été utilisée », a assuré un responsable du ministère de l’intérieur à l’AFP.

Caroline MALCZUK et Mohamed Ali SGHAIER

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