Présidentielle : Les observateurs interdits de rester dans les cours des centres de vote

Crédit photo Hédi Radaoui. Gafsa
Crédit photo Hédi Radaoui. Gafsa

Pour le second tour de l’élection présidentielle, qui aura lieu demain, dimanche 21 décembre, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a décidé d’interdire aux observateurs, qu’il s’agisse des observateurs des candidats ou bien de ceux de la société civile, de stationner dans les cours des centres de vote.

Il s’agit d’une « mesure de précaution pour éviter des accrochages entre les représentants des deux candidats« , nous a expliqué Lassaâd Ben Ahmed, chargé des médias de l’Isie, ce samedi 20 décembre, qui rappelle également que chaque candidat n’a eu droit qu’à « un seul observateur par bureau de vote« .

L’interdiction ne concerne pas l’intérieur des bureaux de vote

Un centre de vote comporte plusieurs bureaux de vote. Les centres de vote sont la plupart du temps installés dans des établissements scolaires, avec les bureaux de vote répartis autour de la cour centrale de l’établissement. C’est cette cour qui est concernée par l’interdiction.

« Ils ont l’autorisation de rester dans les bureaux de vote, c’est juste qu’ils ne doivent pas rester longtemps dans les cours des centres de vote, mais ils peuvent circuler d’un bureau à l’autre au sein d’un même centre de vote« , tient à préciser Lassaâd Ben Ahmed.

De nombreuses organisations d’observateurs contre cette mesure

Le chargé des médias de l’Isie reconnaît toutefois que « la mesure a déplu à la majorité des observateurs, même étrangers, qui nous ont dit qu’ils en prendraient note dans leurs rapports« .

Ainsi, Moez Bouraoui, le président de l’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (ATIDE), a appelé, ce samedi 20 décembre sur Mosaïque FM, à annuler cette mesure de l’Isie, dénonçant une « décision unilatérale » qui pourrait remetre en cause la « transparence » du scrutin.

Moez Bouraoui a également contesté l’argument de l’Isie sur la prévention des violences, faisant remarquer que la police et l’armée, qui seront présents dans chaque bureau et centre de vote, ont justement pour mission d’assurer le volet sécuritaire.

Cette décision de l’Isie a également été dénoncée par l’Observatoire Chahed, La Ligue des Électrices tunisiennes, la Fondation Chokri Belaïd contre la violence, qui dénonce une mesure qui va « perturber » le travail des observateurs, Mourakiboun, et I Watch.

Tous demandent l’annulation de cette mesure.

Pourtant, « pas question de réviser la mesure ou de la revoir, surtout que le scrutin en Tunisie a lieu dans quelques heures« , nous a indiqué Lassaâd Ben Ahmed.

Commentaires: