Des activistes appellent le Front populaire à ne pas prendre position au second tour

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE | Vingt-six activistes, sympathisants et militants du Front populaire, ont publié, ce jeudi 27 novembre sur le site d’Astrolabe TV, une lettre ouverte appelant le Front de ne pas prendre position pour le deuxième tour de la présidentielle en appelant à voter Béji Caïd Essebsi ou Moncef Marzouki :

[quote_box_left] »Il n’y a aucun intérêt pour le Front populaire et le processus révolutionnaire à préférer un candidat plutôt qu’un autre, puisque les deux appartiennent à la contre-révolution. Et nous craignons que la polémique sur ‘qui est le moins pire’ mène le Front à appeler à voter pour l’un des deux, ce qui provoquera la perte d’une grande partie de ses partisans. La plus saine des positions est que les leaders du Front populaire n’appellent pas à voter pour quelqu’un et qu’ils laissent la liberté du choix et à leurs militants et partisans. »[/quote_box_left]

Contre une coalition gouvernementale avec des partis de droite

Les signataires, actifs « dans les domaines de la culture, des médias, de la politique et du social« , estiment également qu’il n’y a « aucun intérêt pour le Front populaire à accepter de faire partie de la prochaine coalition gouvernementale« , car cela le forcerait à « accepter les politiques du camp majoritaire« .

En allusion à Nidaa Tounes et Ennahdha, les deux partis arrivés en tête des élections législatives du 26 octobre, on peut lire : « Nous savons que ces partis de droite sont d’accord aujourd’hui sur l’importance d’accepter ce que leurs dictent les institutions financières internationales avec leurs « réformes douloureuses » qui vont détériorer la situation économique. Ceci veut dire que le Front sera incapable, dans le cadre de cette coalition, d’exécuter les politiques qu’elle a promises à ses électeurs, et sera responsable de toutes les répercutions de ces politiques non populaires et non patriotes. »

Pour que le Front populaire devienne « la force politique la plus populaire » aux prochaines élections

S’appuyant sur l’exemple du CPR et d’Ettakatol, qui, en formant un gouvernement d’alliance avec Ennahdha, ont fini par « perdre complètement leur crédibilité » et devenir « complètement marginalisés« , les 26 activistes exhortent le Front populaire à plutôt « jouer le rôle de l’opposition parlementaire responsable pour sortir le pays du conflit politique et des débats fabriqués sur l’identité« .

« Cette opportunité ne se représentera pas, et c’est le moment de prouver définitivement à l’opinion publique la grande force patriotique du Front populaire et ce qu’il a fait pour la Révolution, […] pour qu’il devienne la force politique la plus populaire dans 5 ans, estiment les signataires. Et nous pensons que cela est possible si nous continuons les efforts de construction du Front en travaillant, en rassemblant les autres courants de gauche et en favorisant la démocratie interne. »

Liste des signataires de la lettre ouverte :

  • Ghassen Athmni (journaliste)
  • Ghassen Ammami (cinéaste)
  • Ghassen Ben Khlifa (journaliste)
  • Azyz Amami (activiste politique)
  • Nader Ben Mhenni (directeur de campagne du Front populaire de France Sud)
  • Sonia Jebali (ex-secrétaire générale du syndicat de Latelec-Fouchana)
  • Samir Hamouda (militant du Front populaire et ex-secrétaire général de l’UGET)
  • Badiaa Bouhrizi (chanteuse)
  • Yasser Jeradi (artiste plasticien)
  • Sameh Daâbak (médecin)
  • Amal Hdhili (journaliste et activiste)
  • Amina Ben Fadhel (conseillère en gestion)
  • Wafa Baba (indépendante, conseillère pédagogique)
  • Khlifa Chouchene (journaliste, syndicaliste et activiste politique)
  • Sami Tlili (cinéaste)
  • Amira Karray (activiste)
  • Karim Remadi (directeur de production musicale et cinématographique)
  • Ines Tlili (photographe et travailleuse dans le domaine culturel)
  • Jamel Abdennaceur Jelassi (militant étudiant)
  • Mourad Ben Jeddou (activiste politique)
  • Yassine Nabli (journaliste et doctorant en civilisation islamique)
  • Adel Ben Amor (ingénieur pétrolier et activiste du Front populaire)
  • Salem Bouhjer (étudiant en ingénierie et activiste politique)
  • Samir Jarray (journaliste)
  • Khalifa Souaiah (professeur syndicaliste et blogueur)
  • Sondes Zarrouki (journaliste)

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