Bernard Henri-Lévy aux médias français : « Je n’ai pas été expulsé...

Bernard Henri-Lévy aux médias français : « Je n’ai pas été expulsé de Tunisie et j’y retournerai en vacances »

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reunion levy-libyens en Tunisie (credit BHL)
A la gauche de Lévy, Fadil Lamine, président du Conseil de Dialogue National ; Gilles Hertzog, le compagnon de tous les combats ; Waheed Burshan ; et Nouri Cheriou, grande figure des Amazirs. (crédit photo Bernard-Henri Lévy.com)

Arrivé en Tunisie dans la nuit du vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre en Tunisie, pour rencontrer des Libyens, Bernard-Henri Lévy a provoqué la colère des Tunisiens. Et pour cause, son très court séjour à Tunis a provoqué de nombreux commentaires violents à son égard, au point de devenir une véritable affaire d’État….

Les premières explications sont tombées ce lundi 3 novembre. Un libyen, dénommé Wahid Borchane, a déclaré avoir rencontré Bernard-Henri Lévy en Tunisie lors d’une réunion, entre des parties libyennes et le philosophe français controversé.

Aussitôt après avoir quitté la Tunisie, Bernard-Henri Lévy a été sollicité par les médias français. Interrogé par Le Point.fr sur ce qui s’est vraiment passé, BHL a répondu : « Factuellement, pas grand-chose. Quelques dizaines d’islamistes ou, peut-être d’exilés kadhafistes, qui m’attendaient à l’aéroport et s’indignaient de voir un « sioniste » (sic) poser son sale pied sur le sol du pays ».

Interviewé ce dimanche 2 novembre sur France 24, le philosophe a confié être venu en Tunisie pour y rencontrer, dans la capitale, des Libyens venus de nombreuses villes de Libye pour poursuivre en terrain neutre le dialogue de réconciliation nationale.

« Ma venue en Tunisie est de rencontrer des amis libyens sortis exprès de Tripoli, Benghazi, des villes du Djebel Nefousa, Misrata, Zaouia, afin de poursuivre en terrain neutre, le dialogue de réconciliation nationale », a expliqué Bernard-Henri Lévy.

Et d’ajouter non sans amertume : « Mais un épisode comme celui-ci indique qu’elle est loin d’être sortie d’affaire. Ce déchaînement de violence, ces appels au lynchage dont j’ai fait l’objet, le fait que mon seul nom fasse de moi un « indésirable » sur le sol tunisien, le fait que des groupuscules islamistes, des avocats, une partie de la presse s’en prennent ainsi à moi, tout cela est inquiétant ».

Enfin, comme à son habitude, Bernard-Henri Lévy en profite pour mettre en avant le rôle qu’il a joué dans le printemps arabe. « J’ai été parmi les premiers, en janvier 2011, à saluer l’héroïsme de ce peuple, qui, en solidarité avec un petit marchand de Sidi Bouzid immolé par le feu, s’insurgeait contre un pouvoir… ».

Alors qu’en Tunisie on l’accuse, par exemple, de conspirations avec les Libyens sur la terre tunisienne en pleines élections législatives et présidentielle et d’être également en partie responsable du chaos libyen, BHL a répliqué : « Je suis extrêmement fier que mon pays, en partie grâce à mon initiative, soit intervenu en Libye. Je suis moins fier que mon pays ait cru que la mission était accomplie après la chute de Mouammar Kadhafi ».

Lorsque France 24 lui demande s’il envisage de retourner prochainement en Tunisie, BHL répond tout de go et sans manifester aucune crainte pour sa sécurité : « Bien sûr. Je n’ai jamais été expulsé de la Tunisie et j’y retournerai en vacances pour voir mes amis tunisiens comme je l’ai toujours fait. »

Il a affirmé en outre ne pas avoir été expulsé. « Vous imaginez un citoyen français expulsé comme ça, sans raison, par un pays ami et, de surcroît, démocratique ? Et où en serions-nous si les autorités tunisiennes, sorties victorieuses de leur bataille électorale contre les obscurantistes et les nostalgiques de la dictature, cédaient à la pression, je ne dis même pas de la rue, mais de quelques poignées de fanatiques drogués à l’antisémitisme le plus enragé ?

Non. Tout cela est grotesque. Je suis parti quand ma réunion libyenne s’est terminée. Et les autorités tunisiennes, pour ce que j’en ai vu et su, se sont comportées de façon parfaitement normale », a-t-il déclaré au journal Le Point.

Abdelhamid Ferchichi

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