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Le candidat Samir Abdelli : « L’appel de Mustapha Ben Jaafar laisse supposer des négociations secrètes, peu démocratiques et douteuses »

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SAMIR ABDELLI

Nous avons reçu, ce jeudi 30 octobre, un communiqué du candidat à l’élection présidentielle, Samir Abdelli, dans lequel il dénonce l’appel de Mustapha Ben Jaafer à tenir une réunion avec « les dirigeants des partis socio démocratiques pour se mettre d’accord sur un seul candidat à la présidentielle ».

« Ce jeudi 30 octobre, après la publication des résultats des élections du 26 octobre et avant l’ouverture de la campagne de l’élection présidentielle, je suis étonné de prendre connaissance de l’appel lancé par Mustapha Ben Jaafar, toujours Président de l’Assemblée Nationale Constituante, pour créer un front centriste qui soutiendra un unique candidat à la présidentielle », indique Samir Abdelli.

« Monsieur Ben Jaafar est le représentant de toute l’ANC, Monsieur Ben Jaafar s’est félicité de l’adoption de la Constitution tunisienne qu’il a jugée comme l’une des meilleures du monde. Cette Constitution a décidé d’élire le Président de la République au suffrage universel, avec un scrutin à deux tours.

Et que propose Monsieur Ben Jaafar ? Un ARRANGEMENT entre candidats et entre partis politiques ou entre personnalités politiques qu’il choisit arbitrairement.
Je le déclare, cet «ARRANGEMENT» est une confiscation du droit de vote des tous les électeurs tunisiens. Je le dis : cet «ARRANGEMENT» est à la limite d’un coup d’état anti-électoral, une atteinte à la Constitution.

La Constitution prévoit, contrairement au scrutin de l’Assemblée, un vote à deux tours. Où y a-t-il un danger à présenter plus de 20 candidats, même si on est en droit de le regretter ? Le 2ème tour avec seulement 2 candidats est la solution constitutionnelle pour se rassembler autour d’un unique candidat que demande Monsieur Ben Jaafar.

En dernier lieu, sous quelle identité Monsieur Ben Jaafar se présente-t-il pour désigner les personnes qui doivent se rencontrer au nom du centre ?

  • Parle-t-il en son nom de Président de l’ANC et alors il n’a pas droit à se positionner politiquement d’une manière partisane.
  • Parle-t-il au nom d’Ettakatol et alors il est dans l’obligation de démissionner de sa fonction de Président de l’ANC.
  • Avec quels critères peut-il désigner les candidats et les personnes à consulter au nom du Centre ou à l’inverse, avec quels critères peut-il en exclure des candidats qui peuvent se réclamer du centre ?

Pour conclure, en tant que Candidat officiel à l’élection présidentielle,

  • Je ne peux accepter qu’on exporte les problèmes liés strictement à l’élection législative vers l’élection présidentielle parce qu’on en accepte mal les résultats.
  • J’en appelle aux électeurs, à tous les Tunisiens, pour dénoncer cette tentative d’accord qui laisse supposer des négociations secrètes, peu démocratiques et même douteuses.
  • Mais j’en appelle aussi à une réponse du Quartet du Dialogue National pour présenter sa réaction face à des pratiques antidémocratiques et anticonstitutionnelles…

Cette prise de position du Président de l’Assemblée Nationale Constituante est une atteinte à la neutralité et à l’égalité nécessaire entre tous les candidats et elle pourrait nuire, modifier et même invalider les futurs résultats de l’élection présidentielle car cette élection du Président de la République n’est pas celle de 2011, elle se fait désormais au suffrage universel, un contrat direct avec le peuple tunisien. Tout arrangement est un viol à ce principe ».

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