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De Tunis : Le leader du Hamas, Oussama Hamdane appelle à l’adhésion à la Cour pénale internationale en signant le Statut de Rome

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Oussama Hamdane
Oussama Hamdane, membre du bureau politique de Hamas chargé des affaires étrangères

Oussama Hamdane, responsable du Hamas chargé des Affaires étrangères, a été l’invité de la « Conférence internationale sur le suivi de la situation politique et juridique palestinienne, à la lumière de l’agression israélienne », tenue ce mardi 30 septembre à Gammarth, en Tunisie, et organisée par le Centre d’Etudes Stratégiques sur le Maghreb sous le patronage du président de la République Moncef Marzouki.

Devant 200 politiciens, avocats et experts en relations internationales et en droits de l’Homme, venus du monde entier, Oussama Hamdane a présenté sa vision en quatre points pour lutter contre la colonisation israélienne, en renforçant la réconciliation entre Fatah et Hamas, en créant de nouvelles formes de résistance, juridique, urbanistique et institutionnelle.

           1. La réconciliation entre Fatah et Hamas

Ossama Hamdane a mis l’accent sur un renforcement de la réconciliation palestinienne « pour qu’elle devienne une réalité ». « Il faut dépasser ce terme de réconciliation et parler d’un seul peuple, d’un seul chef et d’une seule administration. Car le terme réconciliation dénote qu’il y a encore des problématiques en suspend. Nous avons fait un grand pas vers cette réconciliation et dépassé beaucoup d’accrocs. Les 51 jours d’agressions sionistes ont été un véritable examen pour cette réconciliation, » a-t-il déclaré.

D’après le leader du Hamas, la division entre Hamas et Fatah est  » le but de l’ennemi » pour  faire échouer la réconciliation et diviser les Palestiniens. « Nous avons réussi à dépasser cela et nous avons fait marche arrière sur certaines choses pour l’intérêt de la Palestine qui reste prioritaire face aux intérêts partisans », a-t-il déclaré.

Le 25 septembre dernier,  des représentants des deux camps politiques ont annoncé un consensus, lors de leur rencontre au Caire, en Egypte.

« Fatah et Hamas sont parvenus à un accord complet pour un retour du gouvernement d’union dans la bande de Gaza », a indiqué un membre de la délégation du Fatah au Caire, Jibril Rajoub à AFP. L’information a été confirmée par Azzam Al-Ahmad, le chef de la délégation du Fatah, et par Moussa Abou Marzouk, un haut responsable du Hamas

             2. Poursuivre la résistance sous d’autres formes

Malgré les 2 131 palestiniens tués, dont 1473 civils (501 enfants et 257 femmes), avec l’acceptation de la deuxième initiative égyptienne, M. Hamdane, qui vit au Liban, a fait l’éloge d’une « réussite » : « Ce qui est arrivé à Gaza, comme réalisation, où il y a eu des efforts communs entre les résistants sur terrain d’une manière magnifique, avec ce peuple qui a embrassé cette résistance, cette cohésion palestinienne politique, ceci n’a pas mis fin au conflit, ceci est un « round » que nous avons réussi, peut-être n’avons-nous pas eu une réussite espérée pour en profiter politiquement, nous avons réalisé une grande réussite sur les plans militaire et national. »

Pour lui, il est essentiel de « ne pas se restreindre à la résistance armée mais passer aussi à la résistance populaire qui doit se poursuivre sous d’autres formes, comme revenir à la question des réfugiés palestiniens, en dehors de la Palestine et dans la diaspora, et l’appuyer pour que ça soit un point de pression sur l’entité sioniste qui essaye de la dépasser avec des procédures, comme ce qu’on voit comme émigration que nous estimons organisée. »

L’autre point concerne la reconstruction de ce que l’occupation détruit, « aux niveaux général et privé, » que ce soit des institutions nationales ou privées car « notre résistance est une volonté de vie », affirme M. Hamdane : « Nous refusons la mort et et la capitulation face à l’occupation, en mettant ces principes en application. ., poursuivre la construction en Palestine ».

                3. La bataille juridique contre Israël

S’adressant à son auditoire, M. Hamdane a déclaré qu’  » il faut être créatif avec de nouveaux modes de résistance et cela concerne la question juridique ».  » L’occupation tente de se cacher derrière des lois contrefaites. Notre vraie chance est de confronter Israël avec ces outils juridiques et de le poursuivre. Et nous constatons qu’Israël est très inquiet de cela », a-t-il poursuivi.

Le responsable du Hamas a affirmé qu’ « il faut adhérer à la Cour pénale internationale en signant l’accord (Statut de Rome) et entrer dans une confrontation juridique avec l’occupation, afin de poursuivre ses leaders politiques et militaires pour comparaitre en tant que criminels de guerre devant les tribunaux internationaux, chose très importante. »

M. Hamdane a rappelé que la priorité après la trêve du 26 août dernier, c’est de revenir à une vision approfondie de la cause palestinienne, « comme cause nationale, d’un point de vue arabe, islamique et humaniste ».

« Il n’y a pas de doute que lors des années précédentes, dans le cadre des Accords d’Oslo […], que l’occupation continue et que les colonies, la spoliation des terres palestiniennes, la judaisation d’Al Qods occupé, la spoliation des « choses sacrées » continuent. »

Il a également mis l’accent sur le soutien de l’Europe qui  « s’est enflammée par des manifestations et des boycotts, contre l’entité sioniste » : « Nous remarquons le rôle essentiel, humaniste, du soutien de la cause palestinienne, le soutien dans l’environnement arabo-musulman condamnant l’occupation, qui a influencé non seulement l’entité sioniste mais aussi ses alliés. »

          4. Reconstruire les institutions nationales

« Il faut reconstruire les institutions nationales palestiniennes », souligne M. Hamdane, précisant que c’était l’un des points cruciaux des rencontres avec le Fatah. « Un challenge national réel », pour un Etat qui n’est toujours pas indépendant, souligne le leader de Hamas. « Il est facile de dire : ‘nous réalisons les élections pour que ça finisse’… ». Il a également rappelé que la moitié de la population palestinienne vit à l’extérieur de la Palestine, depuis 1948.

 

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