Tunisie : Moncef Marzouki officiellement candidat indépendant à la présidentielle

Tunisie : Moncef Marzouki officiellement candidat indépendant à la présidentielle

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Adnène Mansar annonce la candidature de Moncef Marzouki. Crédit photo : Lilia Weslaty

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2014 |

Le président de la République Moncef Marzouki est officiellement candidat à l’élection présidentielle du 23 novembre prochain, a annoncé Adnène Mansar lors d’une conférence de presse tenue ce matin, samedi 20 septembre, à Tunis.

Pour déposer son dossier, M. Marzouki a eu recours à l’Assemblée Constituante. 14 signatures lui ont été octroyées par des députés d’Ennahdha, de Binaa national (déserteurs d’Ennahdha), du CRP et des indépendants.

C’est la troisième fois que Marzouki se présente à la présidentielle. La première fois était il y a 20 ans, le 20 mars 1994 ; mais il n’est pas parvenu à avoir le nombre de signatures nécessaires. Placé en isolement total à l’époque, pendant quatre mois par le régime dictatorial, il n’a été libéré qu’après l’intervention personnelle de Nelson Mandela.

La deuxième fois a été le 12 décembre 2011, après la révolution, où il a été élu par l’Assemblée Nationale Constituante au poste de président de la République tunisienne à titre provisoire

Marzouki se présente en indépendant

A 69 ans, Moncef Marzouki se présentera en indépendant, et non pas pour son parti le Congrès pour la République (CPR), a précisé M. Mansar.

L’annonce a été faite dans une salle pleine de journalistes et décorée de nombreux portraits de Moncef Marzouki. Derrière la scène, un portrait du « Docteur Moncef Marzouki », avec le slogan « On gagne… ou on gagne ».

Le slogan de la campagne électorale

« On gagne …ou on gagne » fait référence à la célèbre phrase du « Cheikh des militants » libyen Omar Al Mokhtar  « On gagne …ou on meurt », lors de son combat contre la colonisation italienne. Marzouki a remplacé la deuxième partie,  celle du « choix de la mort » d’Al Mokhtar qui refusait l’humiliation coloniale, par une obligation de victoire, pour les révolutions arabes.  La redondance n’est donc pas inutile mais référentielle à une sorte de « fatalité optimiste ». 

Adnène Mansar directeur de campagne

Plusieurs personnalités du CPR étaient présentes notamment les députés Samir Ben Amor, Haythem Belgacem et Bechir Nefzi, Abdelwahab Maâtar, ancien ministre des gouvernements Jebali et Laârayedh, et Imed Daïmi, le secrétaire général du parti ainsi que Néjib Mrab, député d’Ennahdha.

Ridha Chaïbi, démissionnaire d’Ennahdha et fondateur du parti Al Binaa Al Watani (« La construction nationale ») était également présent. Il a en effet annoncé dans un communiqué publié hier vendredi 19 septembre qu’il soutenait la candidature de Moncef Marzouki pour l’élection présidentielle.

Adnène Mansar, qui est dorénavant le directeur de campagne de Moncef Marzouki, avait été remplacé à son poste de porte-parole officiel de la présidence de la République par Mohamed Messaï il y a deux jours, jeudi 18 septembre.

Une campagne financée en partie par le nouveau livre de Marzouki

Moncef Marzouki n’utilisera pas un l’argent de l’Etat pour financer sa campagne électorale, a assuré Adnène Mansar, précisant que le président de la République sortant allait financer sa campagne en partie par un nouveau livre : « On gagne… ou on gagne. Pour un printemps arabe ».

« Le processus électoral est menacé non seulement par le terrorisme, mais aussi par l’argent sale », a déclaré Adnène Mansar. « Nous considérons que le choix d’un candidat consensuel est une confiscation du choix des candidats. Laissons-les choisir », at-il ajouté.

Le dossier de candidature déposé à l’Isie

Moncef Marzouki a par ailleurs déposé ce matin du samedi 20 septembre son dossier de candidature au siège de l’Instance supérieure pour l’indépendance des élections (Isie).

 

Par Lilia Weslaty & Perrine Massy

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