Résolutions des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye

Résolutions des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye

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Libye

Les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye, actuellement en crise, se sont réunis, ce lundi 25 août au Caire afin de trouver des solutions pour rétablir la sécurité et la stabilité en Libye.

Les ministres des Affaires étrangères réunis sont ceux de la Tunisie, d’Egypte, d’Algérie, de Libye, du Soudan et du Tchad et le Niger.Le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes et les envoyés spéciaux de la Ligue arabe et de l’Union Africaine y ont également pris part.

Les questions sécuritaire et politique de la Libye au coeur des discussions

Des résolutions, issues de la réunion à laquelle a pris part M. Mongi Hamdi, ministre des Affaires étrangères tunisien ont été décidées après plusieurs consultations entre les ministres des Affaires étrangères sur les situations politique et sécuritaire en Libye.

L’accent a été mis sur l’importance de la réalisation de la paix en restaurant la sécurité en Libye et en mobilisant le soutien pour les institutions légitimes, en particulier le Conseil des représentants élus et l’Assemblée chargée d’élaborer une constitution, afin d’aider le pays à achever le processus de transition démocratique.

A la lumière des développements actuels de la situation, les pays voisins de la Libye, ont jugé importante une action urgente, en coordination avec le gouvernement libyen pour faire face à l’évolution de la situation en Libye sur la base des principes du respect de l’unité et de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Libye, de la non-ingérence dans les affaires intérieures de la Libye, de l’indépendance politique du pays, de l’engagement à un dialogue global, du renoncement à la violence et d’un soutien processus politique.

Les résolutions 

1. Cessation immédiate de toutes les opérations militaires dans le but de soutenir le processus politique et renforcer le dialogue avec les partis politiques qui renoncent à la violence, afin de parvenir à la réconciliation nationale et à une nouvelle constitution pour le pays.

2. Renonciation à la violence de toutes les milices et les éléments armés, conformément à l’approche par étapes et phases synchrones en termes de calendrier pour l’arrêt des combats dans le cadre d’un accord politique entre toutes les parties, selon un mécanisme indépendant exerçant ses activités sous les auspices des pays voisins régionaux et d’un soutien international.

3. Un engagement des parties étrangères à ne pas livrer d’armes aux factions illégales et de renforcer la surveillance à tous les ports maritimes et aériens le sol libyen ; ainsi que l’interdiction d’importer tout type d’armes, sauf à la demande de l’Etat libyen, et après l’approbation du comité des sanctions du Conseil de Sécurité.

4. Engagement à combattre le terrorisme sous toutes ses formes, et à la lutte contre le financement illégal, contre la criminalité organisée transfrontalière et autres activités illégales.

5. Soutenir le rôle des institutions légitimes de l’Etat et en particulier la Chambre des représentants, la reconstruction et la réhabilitation des institutions de l’État, y compris l’armée et la police, par des programmes spécifiques pour la construction de la paix, notamment en contribuant à la stabilité et à la sécurité et à promouvoir les efforts de développement.

6. Fournir une assistance au gouvernement libyen dans ses efforts pour sécuriser et contrôler les frontières avec les pays voisins, selon un programme global, et mettre fin à toutes les activités illégales de contrebande de toutes sortes.

7. Fournir un mécanisme comprenant des mesures punitives graduelles en cas de non-conformité, y compris des sanctions ciblées contre les individus et les groupes qui cherchent à entraver le processus politique et la stabilité.

8. Mettre en place un mécanisme sous la supervision des ministres des Affaires étrangères des pays voisins pour le suivi de la mise en œuvre de ce qui précède, en liaison avec les envoyés spéciaux arabes et africains à la lumière des recommandations formulées sur les plans politique et sécuritaire ; y compris une visite des hauts fonctionnaires des pays voisins de la Libye pour rencontrer la Chambre des représentants de la Libye et les partis politiques.

9. Affecter à la présidence égyptienne de la quatrième réunion des pays voisins d’informer cette déclaration à titre officiel à la présidence du Conseil de sécurité, au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, au Secrétaire général de la Ligue des États arabes, à la Commission de l’Union africaine, et au gouvernement espagnol afin de la mettre en avant lors d’une conférence à Madrid, le 17 Septembre 2014.

10. Tenue de la cinquième réunion des pays voisins de la Libye à Khartoum à une date à convenir lors d’une consultation ultérieure.

11. Les pays voisins se félicitent de l’appui international en ce qui concerne l’aide à la reconstruction et à la réhabilitation des institutions de l’Etat libyen, en coopération avec les pays voisins, y compris la formation sur le contrôle des frontières et la fourniture de matériel technique de contrôle et de surveillance moderne, ainsi que le soutien à l’adoption de mesures punitives contre les personnes et entités qui refusent de répondre au processus de paix, y compris la possibilité de recourir au Conseil de sécurité à imposer des sanctions ciblées.

Cette réunion est la quatrième, suite au suivi de celles qui ont eu lieu, le 1er juin, les 13 et 14 juillet 2014, à Hammamet, en Tunisie. Le 16 juillet dernier, suite à la détérioration de la situation sécuritaire en Libye, les diplomates tunisiens ont quitté la Libye.

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