Deux tunisiennes, dont l’une est venue d’Allemagne pour les vacances, tuées par...

Deux tunisiennes, dont l’une est venue d’Allemagne pour les vacances, tuées par la police à Kasserine

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Ahlam
Ahlam, 21 ans

Vers 1h30 du matin, deux jeunes filles, Ons et Ahlem Dalhoumi, ont été tuées par erreur, ce samedi 23 août, par la police à Kasserine selon notre correspondant Mohamed Kachroudi.


MAJ 16h30 : Les jeunes sont passés par une route qui n’est pas très fréquentée contenant plein de trous où il est très difficile de conduire très vite.

La voiture, que conduisait Sondos, la troisième cousine, roulait entre les Cités Khadhra et Laarich, d’après notre correspondant. L’une des deux cousines tuées avait la nationalité allemande. Elles sont venues d’Allemagne  Elle est venue avec ses cousins d’Allemagne pour passer les vacances en famille, à Kasserine.


Elles rentraient chez elles, en compagnie de deux autres cousins dans une Golf 5 (non une Golf 4) immatriculée en Allemagne.

Tuées par une balle dans la tête

La police, dans une Partner blanche, a tiré sur la voiture, tuant les deux filles par une balle dans la tête. Aucun réverbère n’illuminait l’endroit où le drame s’est passé.

La visibilité de la Partner, indiquant que c’était bien celle de la police, n’aurait pas été évidente pour que les jeunes arrêtent leur voiture.

Selon les habitants, il fallait plutôt tirer sur les roues du véhicule pour que la voiture s’arrête, non sur les passagers.

Une bavure policière

Le ministère de l’Intérieur a expliqué dans un communiqué, 9 heures après le décès des filles, qu’une information est parvenue aux forces de l’ordre au sujet d’un « groupe de personnes armées qui se dirigeait vers Kasserine sur la route Laarich ».

Empruntant la même route que la Golf 5, les policiers ont  demandé au véhicule des jeunes « qui roulait très vite », précise le communiqué, de s’arrêter avec un signal lumineux. Ils ont ensuite tiré en l’air. Refusant de s’arrêter, la police a tiré sur la voiture, tuant les deux filles.  D’après le ministère de l’Intérieur, le conducteur n’avait pas de permis de conduire. Une enquête sera ouverte.

Pour notre correspondant,  « l’endroit où les filles ont été tuées ne permettait à aucune voiture de rouler « très vite », en outre, rien n’indiquait que la voiture des forces de l’ordre faisaient partie de la police, nous a-t-il précisé après avoir rencontré Sondos, la conductrice de la voiture.

Famille des jeunes filles en furie

Les corps des filles ont été transportés dans une ambulance à l’hôpital régional. La famille, de Cité Ennour, est arrivée en furie. En colère après le drame, elle a incendié le poste de police sans que personne n’intervienne. Les policiers n’étaient plus sur place pour protéger l’établissement selon notre correspondant.

A l’hôpital, les Kasserinois rassemblés semblaient désespérés de ces drames répétitifs, témoigne notre correspondant.

En attendant l’arrivée d’un  médecin légal, les corps des deux filles  sont encore dans l’hôpital gardé actuellement par l’armée. Le père de l’une des deux filles, de la famille Dalhoumi, a pris un avion en Allemagne et serait en route pour la Tunisie.

Les funérailles n’auraient pas lieu aujourd’hui comme le veut le rituel.

La tension sécuritaire est maintenue dans la ville de Kasserine qui  subit depuis deux ans de grandes pertes humaines à cause du terrorisme.

 

Ons
Ons, 18 ans 9 mois

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