Ennahdha, absolument pour une ou un Président consensuel

Ennahdha, absolument pour une ou un Président consensuel

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Conférence de Presse d' Ennahdha 15 juillet 2014 Tunis |Khalil Abdelmoumen |Webdo|
Conférence de Presse d’ Ennahdha 15 juillet 2014 Tunis |Khalil Abdelmoumen |Webdo|

Le parti Ennahdha a organisé, ce mardi 15 juillet une conférence de presse à l’Hôtel El Mechtel / Golden Tulip, pour présenter son nouveau secrétaire général, Ali Lârayedh, et son nouveau bureau exécutif, évoquer la question d’un ou d’une Président-e consensuel/le. Il était aussi question des préparatifs quant aux prochaines élections.

Contre le report de l’élection présidentielle

Faisant, probablement, référence à la déclaration de Béji Caïd Essebsi, chef du parti de Nidaa Tounes qui souhaiterait le report de la présidentielle, le chef du parti Ennahdha a insisté sur le respect du calendrier prévu par l’ISIE 

«Nous sommes pour le maintien des dates prévues des élections. Nous ne cautionnons pas les attaques à l’égard de l‘Instance Supérieure Indépendante pour les Élections, qui émane du Dialogue national. […] Nous appelons tout le monde à la soutenir» 

Quelques modifications du Bureau exécutif 

Ces modifications ont été décidées après l’acceptation de la démission de l’ancien secrétaire général Hamadi Jebali, qui sera appelé à d’autres fonctions, a déclaré le parti, sans apporter de précision.

 Président consensuel : Consultations avec 27 partis

Ali Laârayedh a déclaré que son parti mène actuellement une série de consultations pour appuyer leur initiative du choix d’un «Président consensuel» pour la prochaine élection du 26 novembre, et ce avec des partis, au nombre de 271, des organisations nationales2, et des personnalités politiques comme Mustapha Filali, Yadh Ben Achour, Kaïs Saïd, et Hammouda Ben Slama.

«Ces différents contacts ont soutenu, d’une manière générale, notre initiative. Des points n’ont pas été encore précisés, notamment celui du timing du choix du candidat consensuel, c’est-à-dire dès le premier tour ou en attendant le second tour de la présidentielle. Une partie de ces contacts ont demandé à ce que ce candidat soit indépendantNous entamerons un second round de discussions avec ces partis afin de les informer des résultats du premier round» a expliqué le nouveau secrétaire général d’Ennahdha. 

Pour le parti islamiste, le choix d’un Président consensuel est justifiée par la délicatesse de la phase succédant à la période transitoire. Rached Ghannouchi a précisé que même un président élu avec 51% des voix aura du mal à gouverner. De son côté, Ali Laârayedh a prévu un flot de candidatures qui provoqueront l’éparpillement des voix.

Pour Rached Ghannouchi, une femme peut être Présidente 

Rached Ghannouchi a fait remarquer qu’une femme peut endosser la fonction de Présidente de la république, affirmant qu’Ennahdha a théorisé, dès le début des années 1990, cette possibilité.

«Il n’existe rien dans la Constitution qui soit étranger à la pensée d’Ennahdha, a-t-il soutenu. Tout ce qu’elle contient, nous l’avons fondé depuis des dizaines d’années».

Les candidats pour les législatives : choisis par la base, adoubés par la direction

Rached Ghannouchi a précisé, également, qu’Ennahdha participera aux prochaines élections législatives du 26 octobre prochain sous sa propre bannière. «Les sections régionales du partis choisiront leurs candidats», a-t-il ajouté en mettant l’accent sur la question de la décentralisation du pouvoir.

 

 Tunisie – Europe : Un partenariat consolidé

«Nous avons de bonnes relations avec les ambassades», a assuré Ghannouchi. Il a soutenu que le partenariat entre la Tunisie et l’Europe a été consolidé après la Révolution. «La présence d’Ennahdha a constitué un autre élément pour l’ouverture entre l’Orient et l’Occident», a-t-il soutenu.

S’agissant des propos du président français François Hollande à l’adresse du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Ghannouchi a noté que la position française a évolué, aujourd’hui, rappelant l’entretien téléphonique entre le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, et Hollande. Le chef d’Ennahdha a également rappelé que la France reste le premier investisseur en Tunisie. «Nous sommes attachés à préserver et consolider cette relation», a-t-il indiqué.


1. Dont Ettakatol, le Congrès pour la République, Afeq Tounès, Al Massar, Al Joumhouri, Mouvement Wafa, Le Courant démocratique, Le Mouvement destourien, Union patriotique libre, Mouvement du Peuple, Parti Socialiste, L’Initiative, Le Parti de la Réforme et du Développement, Le Front de la Réforme, Le Parti de l’Unité populaire, le Mouvement des Démocrates socialistes, etc.

2.L’Union générale tunisienne du Travail (UGTT), l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), l’Union tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), et la Confédération des Entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT).

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