Ennahdha : Rached Ghannouchi tente de disculper son parti du terrorisme

Ennahdha : Rached Ghannouchi tente de disculper son parti du terrorisme

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Crédit Photo : Page facebook officielle de Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahdha
Crédit Photo : Page facebook officielle de Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahdha

Le parti islamiste Ennahdha a récemment publié, successivement plusieurs articles, communiqués et twitts sur les réseaux sociaux pour se disculper du terrorisme et manifester son refus vis-à-vis des actes criminels survenus en Tunisie surtout ces derniers jours. Le poids du passé semble obliger son chef, Rached Ghannouchi, à chaque drame, de marquer sa distance avec l’intégrisme religieux.

Justifications par l’Histoire 

Pour prouver cela, Ghannouchi, a énuméré hier sur sa page facebook et twitter, les autres incidents terroristes depuis 2002.

« Sous le régime Ben Ali, le terrorisme existait, par exemples l’opération Djerba en 2002 où quatorze personnes ont été tuées, l’opération de Soleimen également en 2006, sous le gouvernement d’Essebsi  il y a eu l’opération de Rouhia où l’officier Taher Ayari Dieu est mort en martyr, … »

 

Dans son « post » sur facebook, Ghannouchi évoque également le clivage Bourguibiste vs Youssefiste dès 1956.

«Le terrorisme n’a pas commencé à l’époque d’Ennahdha mais depuis le début de l’Indépendance.  Il y a eu une fitna (discorde) et des conflits politiques. La violence a été utilisée par les deux camps» reconnaît-il.

Le parti Ennahdha rattrapé par son passé

Cependant le passé d’Ennahdha semble à chaque fois teindre sur la réputation du mouvement islamiste né dans les années 70. Les actes terroristes, du mois d’août 1988 par des membres du MTI (Mouvement de Tendance Islamique, ancien nom d’Ennahdha avant 1989) qui ont posé deux bombes artisanales  dans des hôtels à Sousse et à Monastir, région natale de Bouguiba, ou les incidents de Bab Souika en 1991, ne sont toujours pas élucidés.

Rappelons que Hamed Karoui, ancien Premier ministre de la Tunisie entre 1989 et 1999, a déclaré, le 12 septembre 2012 sur les ondes de Mosaïque FM, que

« Les rapports entre Ben Ali et Ennahdha émanaient du principe d’œil pour œil et dents et pour dents, c’était réaction et contre-réaction, il ne faut pas oublier le vitriol, Monastir, Sousse et Bab Souika. »

En outre, les déclarations de Rached Ghannouchi, dans une mosquée, appelant les islamistes à incendier toutes les ambassades des Etats-Unies en 1990, rappellent l’attaque de l’ambassade des E.-U. en septembre 2012 par les salafistes sous le gouvernement de Ali Laaridh.

Le poids de la responsabilité du parti islamiste, qui a gagné  89/217 sièges à l’Assemblée Constituante lors des élections du 23 octobre 2011, à prouver sa politique anti-jihad est important, notamment après l’adoubement de ses politiciens par le Centre de l’étude de l’islam et de la démocratie à Washington (CISD) avec «  le prix du Musulman démocrate ».

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